Vincent Munier : de crépuscule en crépuscule
Sur mur noir, 90 clichés, ou 2 ans de travail. Photographies singulières, ambiances rares. Ton neutre, style épuré et simple, qui retranscrits sur toile, offrent un rendu en grain au summum de sa perfection. Les visiteurs découvrent le photographe globe-trotteur sur la première œuvre en entrant, dans la neige avec son trépied.
Ils entrent aussitôt dans son univers, composé d’animaux et de lumières atypiques, magiques, intenses, du petit matin à la tombée de la nuit. Ici, un superbe ciel de soie où s’ébattent les nuages. Posés sur le fil de l’aurore, des guetteurs sereins. Là, dans la forêt mâtine, une lumière en fumée, et un renard pointu dans le calme de givre. Et puis, alors que les écoutilles se mettent à valser à l’écoute de cette musique classique, un renard empaillé préfère rester stagner au dessus des têtes.
L’animal, commun, rare ou disparu, est saisi dans son environnement. Ours polaire, renne, lièvre, ou encore goéland. Vosges, Norvège, Laponie ou Afrique : travail local et mondial sont mis en perspectives. Au fond, il n’y a qu’une même démarche, un même crépuscule.
Pierre Pelot offre son regard complice sur les toiles du photographe, par quelques mots à gauche de celles-ci. La photographie et l'écrit, deux œuvres d’auteurs vosgiens qui entrent en résonance pour offrir une vision très originale du monde sauvage. Une troisième œuvre : il s’agit d’un film documentaire de 20 minutes, Nordic Variations, dans les pas de Vincent Munier, signé Laurent Joffrion. L’homme l’a suivi lors d’une expédition en Norvège en 2010, à la recherche du bœuf musqué.
.jpg)
Chacun peut alors se rendre compte de la rudesse du quotidien de l’artiste-aventurier, mais aussi décrypter son ressenti. « C’est incroyable de le voir si près », dit-il guettant un animal, sac sur le dos et bonnet sur la tête, au pied de sa toile de tente plantée au milieu de rien. Le talent de ce passionné d’Alaska réside dans sa patience : il serait prêt à rester trois semaines dans des conditions extrêmes au même endroit pour capturer ce que la nature a de plus mystérieux. « Un des plus talentueux de sa génération », selon de nombreux connaisseurs. La preuve : ses photographies ont été exposées dans plus de 35 pays.
Enfin, pour terminer la visite, 27 spécimens naturalisés lorrains issus principalement des collections patrimoniales du Muséum-Aquarium sont à découvrir. Le visiteur pourra s’apercevoir que la Lorraine recèle de merveilles naturelles pour qui sait observer.
Informations pratiques : De crépuscule en crépuscule, exposition photographique trilingue de Vincent Munier www.vincentmunier.com. Du 2 juillet 2011 au 30 avril 2012 au Muséum-Aquarium de Nancy, 34 rue Sainte-Catherine 54000 NANCY 03 83 32 99 97 www.man.uhp-nancy.fr Ouvert tous les jours de 10h à 12h de 14h à 18h Tarif plein : 4 €, réduit 2 €, gratuit les 1er dimanche du mois. Médiations ces dimanche à 15 h. Trois conférences sont prévues.


