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La statue de la liberté aurait le visage d’une lorraine

Installée à l’entrée du port de New-York, la Statue de la Liberté est la plus célèbre réalisation de l’architecte et sculpteur alsacien, Frédéric-Auguste Bartholdi (1834-1904). Mais selon l’historien Marcel Cordier, la statue aurait le visage d’Emilie Baheux, épouse de l’artiste et native… de Bar-le-Duc !

Tout le monde connaît Frédéric-Auguste Bartholdi (1834 – 1904), auteur de sculptures grandioses dont la plus célèbre demeure la Statue de la Liberté, située à l’entrée du port de New-York. Alors, bien-sûr, Bartholdi n’est pas lorrain, mais natif de Colmar. Formé à l’architecture à Paris, puis partageant son temps entre ces deux villes, il rencontre à la capitale des hommes politiques qui désirent offrir aux USA un présent somptueux en gage de l’amitié franco-américaine, à l’occasion du centenaire de la déclaration d’indépendance de 1776. Bartholdi, convié à travailler sur le projet, réalise une première ébauche en modèle réduit vers 1870. Il effectue ensuite, en juin 1871, un premier voyage outre-Atlantique pour sélectionner lui-même le site où sera installée son œuvre. Mais ce n’est qu’en 1886 que le colosse de 93 mètres de haut (en comptant le socle) sera inauguré.

Quelques semaines avant son premier voyage pour le Nouveau Monde, Bartholdi se rend à Nancy au mariage d’un ami émigré en Lorraine suite à la défaite de 1870 et à l’annexion de l’Alsace-Moselle. Vers 5 heures de l’après-midi, il sort quelques instants du café Walter où a lieu la réception. L’établissement se situe sur la place Stanislas, à côté de la fontaine de Neptune. Se promenant sur la place, il rencontre Jeanne-Emilie Baheux (1829-1914) qui est modiste, rue d’Amerval et native de Bar-le-Duc. C’est le coup de foudre. Mais peu de temps après, Emilie part pour le Canada. Et Bartholdi, dont les lettres n’arrivent pas à sa destinataire, se jure de la retrouver. Il y parvient finalement à l’été 1875. Il a alors 41 ans et elle 46. Et tout deux se marient le 15 décembre 1875, à Newport, Rhodes Island, Etats-Unis. Décrite comme heureuse, l’union demeurera toutefois sans enfant.

La Liberté de l’Est

Voilà 20 ans que Marcel Cordier, professeur de lettres en retraite, écrivain et historien lorrain œuvrant au souvenir de Lorrains parfois injustement oubliés, défend la thèse selon laquelle l’épouse de Bartholdi a inspiré son auteur. « Inspiratrice », c’est le mot que Marcel Cordier certifie avoir vu écrit noir sur blanc dans la correspondance de l’architecte alsacien, une correspondance à laquelle il a eu accès grâce à un ancien conservateur du musée Bartholdi de Colmar. Marcel Cordier va même plus loin : pour lui, le visage de la statue de la Liberté est celui de Madame Bartholdi ! Une thèse qui n’est pas partagée par de nombreux historiens. D’autres modèles auraient ainsi inspiré Bartholdi, comme Isabella Eugenie Singer, veuve du milliardaire du monde de la couture, Isaac Singer. Selon d’autres sources, il se serait inspiré du visage plutôt sévère de sa propre mère, une mère possessive, voire envahissante. Comparaison faîte avec des clichés de l’époque trouvés dans des biographies de l’artiste, aucune des protagonistes ne peut se vanter d’avoir le visage de la statue. Peut-être s’agit-il d’un mélange de plusieurs visages, afin de donner une image plus impersonnelle au concept qu’est celui de la « Liberté » ? Selon le conservateur du musée alsacien, le visage de la statue est finalement classique de la statuaire antique, à l’image des représentations d’Athéna (ou Minerve chez les Romains).

La Liberté guide nos pas

Attrayante, l’idée de voir une Lorraine tendre son flambeau au monde est, hélas, discutée et discutable. L’épouse de Bartholdi était peut-être plus simplement sa « muse ». Quel meilleur modèle que sa propre épouse, inspirante par sa simple présence et rassurante par son amour… En tout cas, Marcel Cordier maintient « que derrière chaque grand homme se trouve une grande femme ». C’est pour cette raison qu’il a cherché à raviver la mémoire d’Emilie Baheux, comme il l’a fait auparavant avec celle de Marie Marvingt. Enfin, on pourrait se consoler en rappelant que les pierres de parement du socle de la statue proviennent d’Euville, dans la Meuse, une pierre bien connue des historiens d’art, réputée pour sa blancheur et qu’on trouve dans de nombreux édifices de la fin du XIXème (ceux de l’Ecole de Nancy en particulier). Elle aurait été choisie pour sa forte capacité de résistance à l’érosion, la statue se trouvant en bord de mer. Mais cette thèse, reprise dans de nombreux articles du net et jusque sur la page wikipedia du monument, est à son tour contestée par Marcel Cordier ! Selon lui, la pierre provient exclusivement de carrières américaines ! Décidemment, la liberté fait la part belle à bien des légendes…

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A propos de l'auteur : Adrien verif

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