Sofimilli vous fait porter le chapeau
Vous vous êtes peut-être fait la remarque en vous promenant, le chapeau se porte plutôt bien. En tout cas, mieux qu'à une époque où il avait complètement disparu de la circulation. On en revoit depuis quelques années sur les têtes des dames comme des messieurs. Rencontre avec Sofimilli, créatrice de chapeaux...
Adolescente, Sophie Muller s'est pris de fascination pour la femme Hitchcockienne des années 40 - 60, « une femme que j'aurais voulu être » lâche celle qui se voit plutôt comme un « garçon manqué ». Allons bon... « On ne naît pas femme, on le devient » disait Simone. Toujours est-il, depuis cette époque, Sofi cultive le désir secret de célébrer une certaine image de la femme, de réconcilier ses semblables avec une féminité que les années 70 ont jeté avec l'eau du bain phallocrate. Mais c'est en exhumant un jour de l'armoire familiale le manteau que sa grand-mère avait confectionné pour son père quand il était jeune que Sofi s'est amourachée du vêtement, des formes, de la matière et du travail de couturière de son aïeul.
Encouragée par ses parents à suivre des études longues, Sofi ne s'est lancée dans cette voie que tardivement. Elle est alors partie faire un BTS Stylisme à Lyon, puis un stage dans l'atelier « Les chapeaux d'Isabelle » à Metz. A l'entendre, son intérêt pour le chapeau lui vient d'un rapport particulier à... la tête. Si elle ne s'était pas lancée dans le couvre-chef, elle aurait volontiers été psychologue. Normal qu'elle envisage l'accessoire comme une extension de la psyché, et qu'elle pousse volontiers son investigation lorsqu'on la consulte pour un galurin. Quitte à entrer un peu dans la tête de ses clients... Elle relève d'ailleurs fort justement que l'objet est quelque peu paradoxal : s'il protège son porteur de la pluie et des regards, il ne vous fait pas passer inaperçu...
Sofi confectionne tout ce qui se met sur une tête : chapeaux rigides, capelines, casquettes, mini hauts-de-forme, serre-têtes, « bibis », cache-oreilles pour l'hiver... Elle travaille essentiellement sur commande et met un point d'honneur à fournir un travail de qualité, le résultat d'une « éducation rigoureuse » souffle-t-elle, quitte à vendre à perte. Pour elle, « un chapeau bien fait est un chapeau dont on ne sait pas comment il tient ». Elle a également été sollicitée par des créateurs de spectacle qui ont trouvé chez elle une expertise en la matière. Mais c'est à la saison des mariages que son carnet de commandes se remplit. Le chapeau demeure un accessoire qu'on ne sort que les jours fastes, alors qu'à une époque, il était impensable de sortir la tête nue. Il n'empêche que de plus en plus d'hommes viennent volontiers chez elle se faire confectionner un borsalino.
Outre le bouche-à-oreilles, Sofi vend par correspondance dans toute la France et ne rechigne pas à squatter, avec des amies modistes comme elle, les salons parisiens pour se faire connaître. Là-bas, l'intérêt pour son travail est tout autre. Les étrangers l'apprécient et l'assimilent à une haute-couture typiquement française bon marché quand les Françaises la trouvent trop chère ou... pas assez ! Malicieuse, c'est depuis qu'elle travaille à séduire une clientèle parisienne que Sofi arbore fièrement son logo pour séduire celles qui ne veulent porter que du vêtement « griffé »... Et on rit de sa grimace quand elle raconte entendre sur les salons parisiens des dames dire de son travail « ce n'est pas à Nancy ou à Metz qu'on trouverait ça... »
65 avenue Anatole France
54000 Nancy
Tél : 03 83 35 52 87
Port : 06 33 21 55 98
www.artisan-modiste-sofimilli.com
http://sofimilli.blogspot.com
Pour celles qui se sentiraient l'âme couturière, Sofi vous apprend à réaliser votre propre chapeau lors d'un week-end. 3 week-ends sont organisés à la MJC des Trois-Maisons en janvier 2011. Inscriptions ouvertes jusqu'au 31/12. Plus de renseignements sur le blog de Sophie. Une idée de cadeau à offrir ?



