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Rencontre avec la présidente de l'association RésurrAction - Festival de la mort qui tue

Ce tout jeune festival peut déjà s'enorgueillir d'avoir le nom le plus "mortel" qui soit. Son idée : traiter de la mort et du tabou qui y est lié à travers le spectacle… vivant ! Les explications de Libya Senoussi, présidente de l'association "RésurrAction" qui a réuni pour l'occasion une programmation en rapport…
Mylorraine.fr : Un élément déclencheur vous a-t-il donné l'envie d'organiser ce festival ?
Libya Senoussi : Un soir d'Halloween, avec des amis, on s'est demandé ce que des gens de notre âge pourraient faire… Trop vieux pour aller demander des bonbons aux voisins, pas intéressés par l'idée de juste se déguiser et boire… Comme on vient du milieu du spectacle, essentiellement du Théâtre Universitaire de Nancy, qu'on a plein d'idées farfelues, on s'est dit que le spectacle et les artistes en général pourraient aborder le thème de la mort à une époque de l'année assez "morne" et pour sortir de l'aspect "commercial" d'Halloween. Autour de nous, plein d'artistes travaillaient sur des choses en rapport avec la mort, le deuil...
M. L. : Organisateurs ou artistes portent-ils une "fascination" pour le morbide ? Etes-vous des "goths" en manque de sensations fortes ?
L. S : Pas du tout ! Même si on abordera la question de la culture "gothique", avec la projection du documentaire "Goth my world" qui cherche à abattre les préjugés sur le mouvement gothique, qui est trop souvent associé au satanisme… On a une "gothique" dans l'association, Christine Vilheim qui anime une émission de musique gothique sur Radio Caraïbes Nancy. Mais nous sommes des gens plein de vie, avec une envie de créer…
M. L. : Dans ce cas, pourquoi un festival sur "la mort" plutôt que sur "la vie" ?
L. S : Pour jouer sur cette contradiction. Dans "spectacle vivant", il y a "vivant". La mort fait peur, c'est encore un tabou chez nous. Ca nous parait intéressant de voir comment le spectacle et l'art en général peuvent donner une image plus acceptable de la mort, qui réunit plus les gens à cette période de l'année assez dure. Comme ces "dramatisations sociales" à une certaine époque, où les gens se réunissaient ensemble pour extérioriser leur peine. Des thérapies de groupe qui sont une base du théâtre…
M. L. : A travers ce festival, cherchez-vous à "interpeller" le public, à toucher les consciences ?
L. S : Bien-sûr. La mort existe, on sait tous qu'on y sera un jour confronté. Il s'agit de parler de la mort pour mieux vivre, de libérer une parole. On a beau vivre comme si on était éternels, elle nous rattrapera un jour où l'autre. Autant en prendre conscience dans la bonne humeur, à travers l'art. Il ne s'agit pas de choquer les gens, mais au moins d'arrêter avec une certaine hypocrisie… C'est un festival où on apprend des choses, où on s'amuse, où on ouvre des portes. On organise aussi un colloque de conférences théâtralisées, le 3 novembre, données par les membres de l'association, avec des textes assez noirs… Certains spectacles sont plutôt destinés aux adultes, d'autres sont tout public. On peut aborder la mort avec les enfants. Tous les films de Walt Disney comptent au moins un mort… La soirée du 31 à la MJC Lillebonne sera LE rendez-vous du festival, "la soirée de la mort qui tue", autour de la façon particulière dont le Mexique traite de la question...
M. L. : L'an passé, à pareille époque, Mylorraine.fr avait rencontré Jean-Charles Blesch (graveur sur pierre tombale), pour ses "Brèves de cimetière" et l'association "Art dernier", qui milite pour une réappropriation du champ funéraire par l'art. J'ai vu qu'ils participent à ce festival…
L. S : Jean-Charles Blesch est un peu l'invité d'honneur du festival. Il a réalisé la pierre tombale de l'association pour le jour où elle disparaîtra. Elle est très belle en plus. Et c'est lui qui nous a présenté l'association "Art dernier" qui exposera à la galerie 9 la semaine de la Toussaint…
M. L. : Vous poussez le vice à organiser un casting de sosies de chanteurs morts et un concours de lettres de menace de mort. Vous ne craignez pas qu'on vous taxe de mauvais goût ?
L. S : L'humour noir fait partie intégrante du festival. Jusqu'au titre où on insiste sur "la mort qui tue", aussi en clin d'œil à cette expression "populaire". Tout le contraire de ce qu'on connaît d'Halloween, où on ne parle pas de la mort mais où on se déguise et va demander des bonbons…

Le programme des animations à la Maison de l'Etudiant – Campus Lettres / Nancy

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A propos de l'auteur : Adrien verif

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