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Ramzi Malouki : de Nancy à Hollywood!

Et dire qu'il a failli être médecin ! Mais c'est le journalisme finalement qui l'a emporté.  Ramzi Malouki a commencé dans les années 80 sur les ondes de radio Rockin Chair à Nancy, depuis il est devenu LE journaliste français de la côte ouest américaine. Sourire, pertinence, générosité, la Ramzi Touch fait ressentir de la plus admirable des manières la fraîcheur de vivre d'Hollywood.
Hollywood…comment y as-tu atterri ?
J’ai été contacté par le groupe Canal Plus pour assurer la présentation et réaliser des reportages pour un magazine hollywoodien produit par une légende du journalisme: Claude Gaignaire. Le magazine s’appelait Hollywood 26. Lorsque Claude a pris sa retraite, je suis resté fidèle au groupe Canal.
Canal Plus, Itélé, CinéCinéma ( devenue ciné + depuis quelques mois)… assumer la correspondance de chaînes aussi importantes dans le paysage télévisuel français, c’est une consécration, te dis-tu parfois que tu as le plus beau métier du monde ?
Parfois ? C’est tous les jours que je le pense. Chaque matin, je me dis que je suis privilégié et que j’ai de la chance de faire ce métier que j’aime. Plus que le plus beau métier du monde, c’est surtout le fait de mettre ma passion au service du téléspectateur qui me stimule. Contrairement à ce qu’on pense, le métier de correspondant n’est pas facile. A Los Angeles, Nous sommes une très petite équipe (2 journalistes et une assistante) et nous devons être réactifs. Mais les nouvelles technologies nous permettent aussi de répondre aux besoins du groupe, surtout en termes de « Breaking News ». nous sommes capables aujourd’hui, quelque soit l’endroit où nous nous trouvons aux USA, de réagir, en duplex, dans l’heure qui suit.
Est ce une consécration? Je ne sais pas. Je me dis toujours que nous ne sommes jamais arrivés dans ce métier. C’est probablement ce qui pousse les journalistes à continuer. L’actualité change quotidiennement. Il n’y a quasiment jamais de routine. L’écriture, les tournages, le montage, la pré-production, les angles abordés. Nous travaillons beaucoup, environ 12 à 13 heures par jour, mais c’est toujours aussi grisant. Et personnellement, je fais de la télé en 4 langues, donc cela nécessite une gymnastique supplémentaire à la fois cérébrale et créative.
Tu es journaliste Cinéma, ta rencontre avec le 7ème art, s’est faite où et quand ? Et celle d’avec le journalisme ?
Je suis devenu journaliste cinéma par la force des choses. Je suis avant tout JRI ( Journaliste Reporter d’Images), et je me suis spécialisé au fil des années dans les zones de conflits, avant d’être en poste aux USA. Mais j’ai toujours été cinéphile. Mon père, qui est ingénieur pour la mairie de Tunis,  avait également la responsabilité d’envoyer des équipes vérifier la qualité des salles de cinéma dans la capitale. Et j’étais collé aux basques de ces « surveillants ». Depuis mon plus jeune âge, j’ai été nourri au cinéma,  tous les cinémas. De Charlie Chaplin, à Sergio Leone, en passant par Howard Hawks, qui a été une révélation pour moi.
Quand au journalisme, après plusieurs années passées en radio à Nancy (Rocking Chair devenue ensuite Europe 2), j’ai décidé de partir à Paris et de me consacrer à cent pour cent au journalisme. Cela n’a pas été facile. D’une part, il fallait que j’arrête mes études de Médecine. D’autre part, il fallait que je quitte Nancy et mes collègues, qui étaient aussi mes meilleurs amis. Je me souviens du dîner de départ à Brabois. C’était super émouvant. J’ai même gardé le petit discours qu’avait écrit Pascal Matyja, mon directeur à l’époque. « La médecine a perdu un de ces étudiants, mais la télévision va accueillir un excellent journaliste ». J’ai toujours cette lettre dans ma table de chevet.  Je pense que j’ai eu la chance d’arriver au bon moment sur le marché de la télé. Je parle 6 langues couramment. J’étais donc parfait pour être un correspondant étranger. J’ai également été formé par les meilleurs journalistes : Marcel Trillat, Michel Naudy, Philippe Alfonsi et Jean Stock qui est d’ailleurs Lorrain.
Peux tu nous définir en quelques mots, tes trois pays (Tunisie, France, Etats-Unis) et ce qu’ils revêtent à tes yeux ?
Je suis tri-national, et je l’ai toujours assumé. Je suis né et j’ai grandi en Tunisie, mais je passe trois mois aux Etats-Unis depuis que je suis petit. Lorsque j’ai eu mon bac, Il fallait faire un choix entre des études de journalisme à L’université de Californie, et la faculté de Médecine de Nancy. Finalement, j’ai décidé de devenir médecin.  Qui aurait cru que je deviendrai journaliste basé, justement en Californie?  Mais Je me sens bien dans les trois pays, d’autant plus que je voyage énormément. Certaines personnes me trouvent bizarre, car j’assume pleinement cette appartenance à 3 continents. Mais j’ai été élevé de cette façon. Je fais de la télévision en 4 langues et je suis présent dans 15 pays. Ce n’est rien comparé à la prochaine génération. J’ai 2 garçons qui ont 4 nationalités, et ils n’ont absolument aucun problème d’identité. Bien au contraire.
Tu as interviewé pour Hollywood Live l’acteur italo-lorrain Bruno Ricci à Los Angeles, à l’affiche du prochain Marvel prévu le 17 août en France Captain America et c’est là qu’on a appris que toi aussi tu « étais » de chez nous ?
C’est Laurent Panard, qui était mon directeur des programmes à l’époque, et qui est toujours un de mes meilleurs amis qui m’a appelé pour me parler de Bruno. J’ai tout de suite sauté sur l’occasion. L’un des avantages d’avoir été formé dans l’Est, c’est de jouer la carte de la proximité. On me surnomme « France 3 Hollywood » dans les couloirs du groupe Canal. Mon travail sur « Hollywod Live », le magazine hebdo que je présente sur Ciné +, est de prendre le téléspectateur par la main et de lui faire « vivre » Hollywood. Lorsque c’est une success story, comme celle de Bruno, c’est encore plus formidable. Cela donne des ailes à tous ceux qui veulent faire carrière dans ce domaine. Cela prouve aussi que l’Art n’a pas de frontières. Bruno est un excellent acteur de théâtre, issu du Théâtre National de Strasbourg. Il se trouve qu’il est aussi dans un blockbuster hollywoodien de 200 millions de dollars. Je suis sûr que ce n’est que le début. De plus, Bruno a gardé les pieds sur terre, et cette humilité typiquement lorraine. D’ailleurs, il habite toujours Nancy.
Que représente la Lorraine pour toi ? Y as-tu encore de la famille des amis ?
Mes amis sont ma famille. Ils l’ont toujours été. Encore une fois, j’ai eu énormément de chance. Pascal Matyja et Laurent Panard, les deux hommes qui ont monté Rocking Chair, ont tout de suite cru en moi. J’ai commencé sur cette radio, qui reste la plus belle aventure FM de l’Est. D’ailleurs, j’ai débuté en même temps que Jérôme Anthony. Lui aussi fait une très belle carrière. Ce qui me rend le plus fier, c’est d’avoir gardé cette amitié profonde avec cette famille nancéienne. Et j’apprécie d’autant plus que je les vois avancer créativement, eux aussi, de leur côté. Jacques Chevalier, Laurent Lepagneau, Michel Pery, Fabien Henry, Stéphane George, Jean-Christophe dit « le Toon »,  et bien sûr Jérôme. On se parle une ou deux fois par mois
A quelle fréquence reviens-tu en France ?
Je suis en France tous les deux mois. en général, c’est pour 2 à 3 jours, et je repars sur Los Angeles ou sur un autre pays en reportage. Il est très important pour moi de revenir le plus souvent en France. J’ai toujours travaillé en équipe, dans une rédaction, et comme je le disais auparavant, nous ne sommes que deux sur la côté ouest. J’ai donc besoin de me retrouver dans cette ambiance particulière qui est celle des rédactions des chaînes d’infos. Il m’arrive très souvent d’aller à I-télé le soir et de rester très tard jusqu’à l’édition de la nuit. Cela me permet aussi d’éliminer le décalage horaire (rires…)
Une journée de Ramzi Malouki, ça ressemble à quoi ?
Debout 7h. Conférence de rédaction avec les chaînes à 7h30. Il est déjà 16h30 en France. J’ai fait ma revue de presse française la veille vers 1h du matin. C’est l’avantage de l’internet et de la différence d’heure. J’ai donc lu tous les journaux y compris l’Est Républicain et regardé en streaming la matinale de i-télé, puis celle de Canal+.
Je fais le petit déjeuner de la petite famille et j’emmène mon aîné à l’école Francaise. Puis j’ai un conférence de rédaction avec mon équipe sur les tournages de la journée et les montages. Pour être plus près de ma famille, j’ai décidé installé mon bureau derrière chez moi. D’ailleurs, ceux qui me connaissent disent toujours que je suis le seul journaliste qui fait du montage tout en surveillant le barbecue. J’adore cuisiner. Je travaille en général très tard le soir. il m’arrive de faire des nuits blanches. Mais je rattrape en faisant des micro-siestes. Des siestes réparatrices.
La saison des Golden Globes et des Oscars est la plus exaltante dans l’année, j’imagine ?
Absolument. C’est le 1er événement majeur de ce qu’on appelle ici « the season awards ». La saison des grands prix. Je sais qu’a partir du 1er janvier, on ne s’arrête plus jusqu’au Oscars. Plus que les cérémonies elles-mêmes, ce sont les « buzz » qui nous intéressent le plus. En amont, on essaye de repérer ces films qui sortent du lot. Je me rappelle avoir vu « Le discours d’un Roi » en Août. Je suis rentré chez moi et j’ai dit à ma femme : « c’est le film qui gagnera l’Oscar ». ce sera le cas 6 mois plus tard.
Si tu ne devais retenir qu’ :
-Un genre cinématographique ?
Le western spaghetti. J’ai grandi avec Sergio Leone.
-Un film ?
Les affranchis de Martin Scorsese. Chef d’œuvre !
-Un acteur ?
Cary Grant. C’est mon idole.
-Une actrice ?
Nathalie Woods. Tellement mystérieuse. Je suis très « vieux Hollywood ».
-Au bout de tant d’années à Hollywood, la passion le cinéma pour est elle toujours intacte ?
Toujours là. je ne suis pas critique de cinéma, mais grand public. J’ai donc un autre regard sur les films. J’essaye vraiment d’être le plus objectif possible. D’ailleurs, j’ai toujours en tête cette phrase. Même si le film est nul, il y aura toujours quelqu’un à Sarrebourg ou à Charmes, qui adorera.
-Ton film de gosse ?
Les Titans avec Giulanno Gemma. Un péplum italien de série B. un genre très populaire à l’époque en Tunisie, pour des raisons financières.
-Celui que tu connais par cœur mais que tu sembles redécouvrir à chaque fois que tu en revois une scène ?
Les Affranchis de Martin Scorsese. Le plus marrant dans tout cela, c’est mon fils de 10 ans, qui connaît à son tour les répliques par cœur.
-As-tu déjà été tenté d’écrire Les chroniques d’Hollywood ?
Non. Je pense que cela a déjà été fait. Puis, je me considère plus comme un journaliste qui couvre l’information générale qu’un chroniqueur hollywoodien
-Toi qui côtoie les plus grandes stars du cinéma, laquelle t’as fait le plus d’effet ?
Al Pacino. Je l’ai vu un jour faire son marché à Los Angeles. C’est un petit vieux qui ne paye pas de mine. Je l’ai vu ensuite sur un plateau, puis je l’ai eu en interview. C’est une autre personne. Impressionnant. Un regard que je n’ai jamais vu chez aucun autre acteur.
-A contrario laquelle est largement galvaudée ?
Comme je ne couvre jamais l’actualité « pipole » au sens potins du terme, je ne me permettrai jamais de parler d’une star d’autant plus que j’ai une relation privilégiée avec elle.
-C’est un métier passionnant mais parfois fatiguant, comment recharges-tu les batteries ?
Je fais énormément de sport. De la boxe surtout qui me permet d’évacuer le stress. Je compense avec du Yoga, et des marches dans les collines. On a la chance d’avoir le plus grand parc urbain au monde à Los Angeles. Je fais très souvent des randonnées. J’essaye aussi d’avoir une vie très saine, compte tenu de la charge de travail. Mais l’endroit où je recharge le plus mes batteries, c’est en Polynésie. Je me coupe du reste du monde, et je passe mes journées à ne rien faire. Mais cela ne dure qu’une semaine. Je commence à stresser…de ne rien faire ( rires…) je suis super « speed ».
-Te reverra t-on un jour du côté de la place Stanislas ?
Dès que j’en ai l’occasion, je reviens à Nancy, parfois pour 24 heures. On organise des dîners avec les copains. On se revoit, on parle radio, télé. On mange bien. mon petit péché mignon : une andouillette grillée chez Muller, avec sa petite salade verte assaisonnée à merveille. Un Must.
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A propos de l'auteur : MathieuB verif

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