Park(ing) Day : le créneau de la culture
Parce que payer une place de parking revient finalement à louer une part d'espace public, 3 artistes, designers et paysagers de San Francisco réunis au sein d'un collectif nommé REBAR avaient eu l'idée en 2005 d'organiser un Park(ing) Day, une journée où des places de stationnement de la ville seraient transformées de façon "sauvage" en petits parcs. D'où l'intitulé de "Park(ing)", avec parenthèses. Au départ donc, le message était légèrement connoté "écologiste". Mais sont ensuite vite apparues des installations ludiques, créatives, sociales. Si le mouvement se défend de toute appartenance politique, il interroge toutefois la vie de la cité et l'utilisation de l'espace urbain. Disons qu'il se défend surtout d'un quelconque engagement partisan…
A l'heure des phénomènes participatifs mondiaux, et en particulier grâce à internet, l'idée s'est vite propagée à travers le monde. 35 pays et 162 villes ont ainsi participé à l'édition 2011 du projet, dont 25 villes françaises. En 2010, Lidia Pardini (dite "Lili") et Sébastien Ramirez (dit "Rami"), architectes de profession et activistes culturels par passion, découvraient le concept de la manifestation et participaient à l'édition luxembourgeoise du Park(ing) Day avec une installation de leur cru, une serre réalisée à partir de pare-brises. L'année suivante, ils importaient le concept dans leur ville de résidence, Nancy, par le biais de l'association Pimpilimpausa (mot basque qui désigne le papillon) avec laquelle ils organisent dans leurs locaux à la fois professionnels et associatifs, des expositions ou soirées musicales chaque mois.
Le duo cultive cette douce folie, cette note de fantaisie salvatrice qui rend la vie moins morne. Sensibilisés à l'urbanisme par leur formation mais aussi par leur pratique quotidienne de la ville, Lili et Rami ont leur point de vue sur la piétonisation des centres-villes et l'usage des transports collectifs. Mais ce qui leur importe avant tout dans le concept de la manifestation, c'est l'idée d'une réappropriation de l'espace public, et la possibilité de mettre l'art au centre de la ville, sous les yeux du grand public. Pour mieux l'inviter à s'arrêter, et à regarder. Il y aura bien quelques ronchons qui devront toutefois admettre que cette opération permet un autre regard sur la vie quotidienne. Et que notre attachement à la voiture en ville tient essentiellement d'une habitude à interroger.
En 2011, 80 participants ont investi le temps d'un week-end 18 places de stationnement disséminées sur un trajet en plein cœur de ville, entre le faubourg des Trois Maisons et la rue Saint-Nicolas. Avec l'accord de la ville et la bénédiction d'un arrêté municipal... On a ainsi pu voir dans Nancy des places de stationnement transformées en jardin, espace détente, mini-golf, terrasse mobile, potager, une caravane décorée, une voiture remplie de terre avec un potiron posé sur le toit ou encore des voitures emballées avec du cellophane. Etonnement garanti pour les passants. La manifestation qui a lieu chaque année à une date bien déterminée par le mouvement international avait eu lieu en 2011 durant le week-end du Livre sur la Place. Ce ne sera pas le cas de cette deuxième édition... Tant pis. Attendez-vous donc à voir dès samedi matin des places de parking du centre ville investies par les participants. Ceux qui désireraient participer à l'opération peuvent encore se manifester auprès de Lili et Rami (plus d'infos dans l'agenda). Les sujets restent totalement libres, mais pour de simples questions d'organisation, mieux vaut se signaler…
Passionné de Street Art, Lili et Rami tiennent enfin une page Facebook qui recense les plus beaux graffitis qui ornent – ou ont orné - les murs de la cité ducale. A voir !
Pour plus de renseignements
- Association Pimpilimpausa
- 7 Rue de la Salle, 54000 Nancy, France
- 03 83 36 89 26
- lilietrami@me.com
- https://www.facebook.com/events/247084248726715/



