Michaël Gregorio : « J’ai attrapé le virus de la scène en Lorraine »
Michaël Gregorio n’est pas un imitateur comme les autres : le protégé de Laurent Ruquier incarne en « live » les stars de la pop, parmi lesquels Mika, Céline Dion, Mylène Farmer ou encore AC/DC, dans la voix et dans le geste ! A l’occasion d’un nouveau passage en Lorraine, il évoque pour nous son enfance verdunoise et son goût pour l’imitation… en musique.
Mylorraine.fr : Michael, quels souvenirs gardes-tu de ton enfance en Lorraine ?
Michael Grégorio : J’ai fait l’essentiel de ma scolarité en Lorraine, du CM1 à la terminale. J’avais 10 ans quand on est arrivé, après la mutation de mon père qui était militaire. On venait de Pau. J’ai vécu à Etain et à Verdun. Ce sont des bons souvenirs même si, au début, ça a été difficile. J’étais habitué à la plage… Mais c’est là que j’ai découvert le théâtre, la musique, que j’ai fait mes premiers spectacles, que j’ai attrapé le virus de la scène. J’ai grandi en Lorraine donc, forcément, ça fait partie de moi.
M. L. : Quand tu y repenses, y a-t-il des images qui te reviennent ?
M. G. : Les paysages meusiens en hiver, les forêts, le Quai de Londres à Verdun… J’aime repasser devant la maison où on vivait. Tout ça faisait partie de mon quotidien à l’époque mais, aujourd’hui, c’est devenu magique pour moi. J’aime revenir en Lorraine.
M. G. : J’ai déjà joué à Nancy, à Neuves-Maisons, à Yutz, à Florange, à Saint-Dié… Ce sont de beaux souvenirs. Certains de mes anciens camarades sont venus me voir sur scène. J’aimerais les voir plus souvent : c’est un peu compliqué, eux en Lorraine, moi à Paris…
M. L. : La force de ton spectacle réside dans une approche différente de l’imitation. Il ne s’agit pas d’un enchaînement de sketches mais d’un concert, où on croit entendre une trentaine d’artistes différents. Comment t’es venue cette idée ?
M. G. : Ca s’est passé très naturellement. Je suis venu à l’imitation par ma passion pour la musique. J’aimais Radiohead, Nirvana, Muse, Rage Against The Machine… J’imitais mes idoles, je chantais comme Thom Yorke ou Kurt Cobain ! Je m’enregistrais avec les moyens du bord, un petit magnétophone, et je faisais écouter ça à mes amis qui ont trouvé ça drôle...
M. L. : Pour les imitateurs, la consécration, c’est la radio, le matin. Cela fait partie de tes projets ?
M. G. : Non. Je fais des imitations chantées, alors que la radio « impose » des imitations parlées. On ne peut pas parler d’actualité et de politique en chantant. Calogero qui chante sur de la politique, ça n’aurait pas de sens. Pourtant, j’aime la radio. On m’a fait plusieurs propositions mais, à défaut d’un vrai concept, je pense que ma place est sur scène. En tournée, je suis entouré d’une équipe : 4 musiciens, 5 techniciens, on voyage en bus, on est un vrai groupe et c’est un bonheur de se retrouver.
M. L. : Tu exclues donc l’imitation de voix « parlées » ?
M. G. : Pour le moment, oui. Et puis, Laurent Gerra et Nicolas Canteloup le font très bien. Le concert d’imitation est devenu ma marque de fabrique et le côté « live » laisse place à une part d’improvisation. J’aime cet aspect. Je suis accompagné d’excellents musiciens avec qui je peux me le permettre. Et puis, le spectacle a toujours évolué au gré de l’actualité ou de mes envies.
M. L. : Tu es également auteur-compositeur. Plutôt que d’imiter les autres, n’aimerais-tu pas un jour proposer tes propres chansons ?
M. G. : Peut-être un jour, mais pas sous la forme d’un album. Ni sous mon nom. Je suis identifié comme imitateur. Pour l’instant, je le fais pour le plaisir. Certaines compositions ont été utilisées par d’autres artistes, pour d’autres projets. Mais ça n’a pas grand-chose à voir avec ce que je fais sur scène !
Crédit photo : © Jean-Brice Lemal



