Metz est "morgan" de Parra !
Quelques jours après son retour en France, Morgan Parra est venu se ressourcer auprès des siens dans sa ville natale de Metz. L’occasion de mesurer sa popularité, d’inaugurer le nouveau terrain du club où il fit ses débuts et de recevoir la médaille d’or de la ville dans une salle remplie de fans historiques !
Mylorraine.fr : Comment as-tu ressenti l’accueil des Messins ? Cela t’a fait chaud au cœur ? Ou au contraire, n’était-ce pas un peu « étouffant » ?
Morgan Parra : Non, ça allait, même si je ne m’attendais pas à voir autant de monde. Pour moi, c’est un honneur de représenter la ville de Metz, d’être reconnu dans ma ville natale. Et d’en être un peu un ambassadeur.
M. L. : Vice-champion du monde, c’est déjà une belle performance à bien y regarder. Arrives-tu à t’en satisfaire ?
M. P. : Oui et non... Rien ne dit que dans 4 ans, je serai encore appelé en équipe de France. Le jour de la finale, on est rentré sur le terrain en visant le titre. Malheureusement, on n’y est pas parvenu. Maintenant, d’une certaine manière, on s’en contente parce qu’on n’a pas le choix. Donc, je vais repartir en club, travailler, essayer de vivre de belles aventures avec le club. Et si je suis encore appelé en équipe de France, on verra…
M. L. : Tu vas bientôt avoir 23 ans, avec la possibilité de jouer 2 coupes du monde…
M. P. : Encore faut-il être bon ! Il faut sans cesse se remettre en question et être sélectionné. Aujourd’hui, c’est une nouvelle donne, avec un nouveau sélectionneur et des nouveaux joueurs…
M. L. : A titre personnel, es-tu satisfait de ton apport à l’équipe durant le tournoi ?
M. P. : Satisfait ou pas, ce n’est pas la question. Ce qui était important, c’était de venir avec de l’envie, de me lâcher, de ne pas me prendre la tête, de vivre l’aventure pleinement, d’en profiter. Et c’est ce que j’ai fait. Donc, je n’ai aucun regret à ce point de vue. Maintenant, je ne saurais pas dire si je peux être satisfait de mes prestations. Mais je n’ai pas de regrets, et je suis content d’avoir pu jouer sans me poser de questions.
M. L. : Raconte-nous comment vous est venue l’idée de faire ce V au moment du Haka des Blacks…
M. P. : L’idée est venue de l’extérieur, on en a discuté entre nous pour savoir si c’était bien de le faire. Après, je ne peux pas tout vous dire. Ca fait partie de l’histoire du groupe.
M. L. : En rentrant en France, avez-vous ressenti un plus grand engouement pour le rugby et l’Equipe de France ?
M. P. : Oui, c’est une fois rentrés qu’on a pu sentir cet engouement derrière nous. C’est parfait pour le rugby. Si aujourd’hui, ça permet d’attirer des jeunes, de gagner de nouveaux licenciés, c’est parfait. Une chose est sûre, on a essayé de représenter la France du mieux possible. Même si ça a aussi été notre aventure, avec des hauts, des bas et des moments difficiles parce qu’on a été critiqué…
M. L. : Justement, les médias ont beaucoup disserté sur des problèmes qu’il y aurait eu au sein du groupe. Avec le recul, était-ce vrai ou exagéré ?
M. P. : Oui, ça a été exagéré. Ce qu’il y a pu avoir concerne le groupe et restera dans le groupe. Quand on passe 4 mois ensemble, 24h sur 24, tout ne peut pas se passer parfaitement. Mais au final, tout ça reste une belle aventure. Et oui, ça a été exagéré.
M. L. : Avec Maxime Mermoz, vous avez pris le temps de revenir sur vos terres d’origine. Vous a-t-on sollicité ou était-il prévu que vous reveniez voir vos parents ?
M. P. : Pour ma part, il n’était pas prévu que j’aie mes vacances à ce moment-là, mais comme je suis blessé… Revoir les parents, la famille, c’était la priorité. Après, il se trouve que j’ai un projet sur Metz et comme il fallait que je passe aussi pour ça, j’en ai profité.
M. L. : Avec Maxime Mermoz, vous êtes tous deux d’origine lorraine. Vous vous sentez proches dans le groupe France ?
M. P. : Oui, il y a une complicité. Comme il peut y avoir avec d’autres. Dans un groupe, il y a des affinités plus ou moins grandes qui se font forcément. Mais oui, on s’entend bien avec Maxime.
M. L. : Lors de la finale, Christian Jeanpierre a bien souligné que Maxime Mermoz et toi étiez lorrains… Qu’est-ce qu’il manque à la Lorraine pour être une vraie terre de rugby et avoir un club lorrain dans le Top 14 ?
M. P. : Un club lorrain dans le Top 14, ça sera difficile. Il faudrait des investissements, réussir à convaincre des partenaires… ça prendrait du temps. Déjà avoir un club en fédéral qui puisse laisser partir ses meilleurs jeunes tenter leur chance comme on l’a fait… Il y a encore beaucoup à faire pour le rugby en Lorraine.
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