Mathieu Barbier : la voix du foot
Il est la voix du foot en Lorraine. Enfin, en « sud Lorraine ». Mathieu Barbier commente les matchs de l'ASNL sur France Bleu Sud Lorraine et fait vibrer des dizaines de milliers de lorrains qui l'écoutent. Les soirs de matchs, la station est alors la plus écoutée de la région sur cette tranche horaire. Mais qui se cache derrière cette voix désormais familière ? Portrait...
Aussi curieux que cela puisse paraître, peu de choses prédestinaient Mathieu Barbier à commenter un jour les matchs de l'ASNL à la radio. Un intérêt pour le foot certain, mais pas non plus une passion. Jeune, Mathieu a bien tapé dans le ballon jusqu'en catégorie cadet au sein du club de Jarville-la-Malgrange, mais a fini par lui préférer le tennis. Un comble : il avoue même avoir découvert tardivement le stade Marcel Picot. Un jour de 1998, l'étudiant en licence d'histoire s'essaye à commenter les matchs devant sa télé. Une évidence s'impose, le débit verbal n'est pas son point faible et Mathieu s'estime capable de faire au moins aussi bien que ceux qu'il entend. Il écrit à Pierre Savary qui est alors le « monsieur foot » de la radio nancéienne (qui ne s'appelle pas encore France Bleu Sud Lorraine), et réussit à se voir confier une intervention de 2 minutes durant les matchs. Il a alors 23 ans. Les années passent et Mathieu continue son apprentissage avant de revenir dans la première maison qui l'a accueilli. Jusqu'en 2004 où il devient le seul commentateur attitré des matchs des rouges et blancs. A ce jour, il en compte plus de 400 à son actif.
Ecouter un match commenté par Mathieu Barbier, c'est prendre le risque de rester sur le carreau, terrassé par une crise cardiaque. Si bien que les Cassandres diront qu'il en fait un peu trop. D'où lui vient ce côté « passionnel » ? « C'est inné », lâche-t-il, laissant entendre qu'on a « le truc », ou pas. « Commenter un match durant 2 heures demande une énergie incroyable. On parle fort, mais il ne faut surtout pas crier, on regarde partout, le terrain, le banc de touche... On a le cerveau en ébullition, ça demande une énorme concentration... ». Notre Lorrain du jour s'acquitte de cette tâche avec une passion telle qu'on jurerait qu'il est tombé dans « la Marmite » (ou « le Chaudron »...) étant petit. Si Mathieu Barbier aime sa ville d'origine, qu'il y a sa famille et n'a pas l'intention d'en partir, son attachement pour l'ASNL et l'ambiance des stades ne sont finalement arrivés que progressivement. Et s'il s'enflamme, c'est parce qu'il se veut avant tout généreux avec les auditeurs, « sans qui nous ne serions rien. Il nous faut leur rendre la confiance qu'ils nous accordent. Quand on commente un match, il faut tout donner, sans quoi l'auditeur s'ennuie ». Et d'autant plus quand le spectacle sur le terrain n'est pas des plus reluisants...
Avec 130 000 auditeurs par jour, France Bleu Sud Lorraine est la station la plus écoutée de la région au moment des matchs. Si bien que Mathieu est devenu un membre de la grande famille ASNL, une courroie de transmission pour qui suit le foot en région. Quid alors de la « célébrité » ? Le commentateur n'esquive pas la question et se rappelle le fantasme qui était le sien lorsqu'au sortir de l'adolescence, il rêvait de télé. Sauf que depuis, Mathieu s'est comme fâché avec son image. Et redoute même de se voir à l'écran. En tant que commentateur volcanique, il a pourtant fait l'objet de reportages diffusés TF1 et France 2. « Je les ai faits pour la radio », répond-il. Et on comprend mieux pourquoi notre homme n'est pas déjà dans le petit écran. « J'ai eu des propositions, mais je ne le sens pas. En tout cas, pas maintenant. » A ce jour, l'animateur est heureux d'être « reconnu » pour ce qu'il fait, plutôt que « connu » pour ce qu'il est. Comme à travers le « Barbier Show », une chronique tenue en son temps sur le net par un jeune supporter nancéien qui se plaisait à recoller les commentaires de notre Lorrain du jour sur les images de matchs. Et Mathieu Barbier de s'avouer « touché » par le fait qu'un internaute prenne le temps de mettre en valeur son travail. En 2006, avant même que Nancy n'emporte la Coupe de la Ligue, des supporters avaient pu apprécier ces deux minutes d'anthologie à la radio et s'étaient empressés de relier les commentaires aux images...
Rennes - Nancy (saison 2005 - 2006)
Le blog du Barbier Show : http://barbiershow.skyrock.com
Un dimanche d'avril 2009, son confrère (et collègue) Alban Forlot le suit dans les coulisses pour le filmer. Ce jour-là, si Nancy bat Valenciennes, l'équipe fait un pas de géant vers le maintien. Si bien que la pression est particulière. Dans cette vidéo, on voit Mathieu dans ses œuvres et exploser de joie. Une vidéo que Mathieu se presse de minimiser en rappelant le contexte particulier du match. « Ce n'est pas le cas à chaque fois », tempère-t-il. Et si la joie était bien évidemment sportive, elle était aussi professionnelle, cette victoire signifiant un nouveau bail en Ligue 1 pour l'équipe comme... pour la radio ! Car Mathieu a connu le temps où l'équipe végétait en Ligue 2, jouant dans l'indifférence à Gueugnon, Cuiseaux-Louhans ou Châteauroux. Depuis, il a vécu les campagnes européennes du club nancéien qui l'ont mené en Allemagne, en Ecosse, en Espagne ou en Ukraine. Ce qui est autrement plus attrayant...
Vidéo : Alban Forlot - http://albanforlot.canalblog.com
Mais ne dîtes pas à Mathieu qu'il est commentateur ou animateur, il vous rappellera qu'il est avant tout journaliste. Impossible aujourd'hui d'être Thierry Roland ou Eugène Saccomano sans curiosité, sans volonté de transmettre et sans formation en rapport. Avant de devenir « monsieur ASNL » à plein temps, Mathieu a présenté 3000 flashs d'information pour la station. Preuve que ses compétences ne se cantonnent pas au ballon rond. Quel autre domaine le fascine ? La politique. En ce mois de mars 2011, Mathieu attend avec impatience les prochaines élections cantonales et s'apprête à animer les soirées électorales sur France Bleu. Est-ce pour l'adrénaline ? Ou une passion comparable à celle qu'on trouve les soirs de matchs ? Il est vrai qu'animer des soirées comme celles-ci nécessite aussi bagout et concentration. Mathieu garde en tout cas, dans un coin de la tête, l'idée de vivre au plus près d'autres soirées électorales qui devraient être aussi riches en émotion qu'une finale de Coupe du Monde : celles de 2012...
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