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Magie des Imaginales d'Epinal

Mylorraine.fr a rencontré pour vous Bernard Visse, le directeur du festival Imaginales, le festival dédié aux littératures de l'imaginaire.

 

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Parmi les 4000 salons du livre de France, les "Imaginales d'Epinal" est l'un des principaux festivals dédiés aux "littératures de l'imaginaire". Pour sa 11ème édition, on croisera là encore une centaine d'auteurs et d'illustrateurs du monde entier, et des célèbres… Les explications de Bernard Visse, directeur de la manifestation.
La fantasy, le roman historique, les contes et légendes...
Mylorraine.fr : Pour les "Imaginales", qu’est-ce qui relève des "mondes imaginaires" ?
Bernard Visse : Toute la littérature qui n’est pas réaliste, donc qui n’est pas roman psychologique, autobiographique, polar... Ça comprend la fantasy, le roman historique, les contes et légendes, le fantastique, l’anticipation… Aux "Imaginales", on ne reçoit que des gens qui racontent des histoires et ne se "prennent pas la tête". Nous travaillons avec Stéphanie Nicot, qui réalise le magazine "Galaxie", qui est la directrice artistique du festival, et qui a des contacts avec de nombreux auteurs de par le monde.
M. L. : Qu'est-ce qui a amené la ville d'Epinal à se pencher sur les cultures de l'imaginaire, sur la "fantasy" ?
B.V. : A Epinal, on réfléchissait à faire une manifestation d'importance en lien avec l'image, qui aurait une visibilité nationale. On avait cherché du côté du cinéma, de la peinture, du théâtre, de la danse… Je ne suis pas moi-même un spécialiste de la fantasy, mais je m'intéresse au livre depuis longtemps. Problème : il y a 4000 manifestations autour du livre en France. J'ai continué de chercher et j'ai constaté assez rapidement que ce genre là était sous-représenté dans les festivals français. Près de nous, à Gérardmer, il y avait déjà le Festival du Film Fantastique, mais qui est avant tout porté sur le cinéma plus que sur le livre…
Relier l’image à l’imaginaire.
M. L. : "Les Imaginales", c’est avant tout un salon du livre…
B.V. : … et de l’illustration. On met au même niveau les illustrateurs et les auteurs. Même si on reçoit plus d'auteurs que d'illustrateurs pour des questions de place. Un auteur ne se déplace qu'avec des livres. Par contre, un illustrateur a besoin de cimaises et on ne peut en accueillir 500 ! C’est ce rapport à l’image qui fait qu’Épinal a monté cette manifestation. Il devenait intéressant de relier l’image à l’imaginaire, puis à la littérature et à d’autres arts, à travers des expositions, des films, des interventions artistiques, des débats sur des thèmes...
M. L. : Les "littératures de l'imaginaire" sont méconsidérées par les critiques et pourtant, elles se vendent plutôt bien. Sauriez-vous l'expliquer ?
B. V. : Déjà, les auteurs du genre ne passent pas à la télé. Après, il faut savoir que de nombreux auteurs célèbres publient de la "SF" ou de l’anticipation sous pseudonyme. Ou alors, certains romans traitent d’anticipation ou de fantastique, mais les éditeurs ne le clament pas et classent les livres en "littérature générale". Il y a plein d'exemples ! Je pense à un roman historique publié chez un célèbre éditeur parisien où un personnage traverse des murs et croise des elfes. Á aucun moment l’éditeur n’a dit de ce livre qu’il s’agissait d’un livre de fantasy. On a même vu un prix Goncourt aller à un roman qui était clairement un roman d’anticipation ! Mais pour les éditeurs, ce serait dévalorisant. Le problème n’est pas dans le style d’écriture, mais le genre n’a pas été "approuvé" par certaines "sphères"… Malgré Jules Verne et alors qu'il y a des très bonnes plumes ! Peut-être est-ce parce que le style vient des Etats-Unis, que les éditeurs estiment que le mot "science-fiction" fait peur aux lecteurs… Alexandre Dumas faisait du roman historique, mais ce qu'il a écrit relève des "littératures de l'imaginaire" !
Les littératures de l'imaginaire invitent au rêve.
M. L. : Que trouve-t-on alors dans les "littératures de l’imaginaire" qu’on ne trouve pas ailleurs ?
B. V. : Les littératures de l'imaginaire invitent au rêve. Les auteurs de "littérature générale" abordent leur sujet avec un sérieux terrible, exploite des thématiques politiques, sociales, sociologiques… La "SF", la fantasy, les littératures de l’imaginaire ont souvent des références très sérieuses qui donnent à réfléchir et traitent aussi de problèmes de société, mais sur le mode de l’évasion et en faisant appel à l'imagination. Tout roman d’anticipation transpose les problèmes d’aujourd’hui dans un monde futur, mais ils sont soit amplifiés, soit solutionnés ! C'est un très bon moyen de s'interroger sur les problèmes du moment comme par exemple : "et si l'Iran avait l'arme atomique ?"…

(c) Ville d'Epinal

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A propos de l'auteur : Adrien verif

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