Ma Lorraine au Canada
Imaginez : vous apprenez que votre famille compte un nouveau membre et qu’il ne s’agit pas d’un nouveau-né ! Au départ surpris, vous vous sentiriez toutefois vite proche de lui ? Certains ont des oncles d’Amérique, la Lorraine a donc une lointaine cousine au Canada, la ville de… « Lorraine » ! En 1960, un groupement d’hommes d’affaires concrétisait une « utopie », celle d’une ville idéale, résidentielle, familiale, implantée sur un vaste coteau verdoyant, à 25km de Montréal. Cette ville a été voulue sans industrie, sans rue commerçante, ni source de pollution. Très vite, Lorraine a placé son développement sous le signe de la qualité de vie et de l’écologie. Chaque nouvelle construction doit répondre à des normes drastiques et les projets d’immeubles. Á Lorraine, on ne trouvera pas de résidences à haute densité mais des pavillons qui appartiennent quasiment tous à leurs occupants. Leur valeur moyenne était en 2009 d’environ 300 000 dollars canadiens, soit 200 000€. Pas de feux de circulation non plus, une vitesse de circulation limitée à 30km/h et aucun fil qui ne dépasse : la totalité du réseau électrique et téléphonique est souterrain. Si une autoroute sépare la ville en deux secteurs, la cité est entourée de forêts et truffée de 28 espaces verts. Les 9 586 habitants (qui s’appellent – je vous le donne en mille - les… Lorrains) s’achalandent dans le seul centre commercial de la ville, délibérément installé à l’entrée. On y trouve magasins, cabinets médicaux, banques…
Qui plus est, la ville regorge d’infrastructures culturelles et sportives : trois écoles primaires, une maternelle, des garderies, une bibliothèque, un terrain de golf, une patinoire couverte, des terrains de football, basketball, baseball, des pistes cyclables et un centre culturel qui offre une vue imprenable sur la ville de Montréal. Un coup d’œil sur Google Maps vous apprendra que les piscines privées sont légions. Si l’hiver est plus rigoureux (le mercure descend volontiers à - 30°C), la belle saison est semblable à la nôtre. Ajoutons à cela que Lorraine est une ville essentiellement francophone, que la moyenne d’âge est de 37 ans, que la majeure partie de la population est diplômée de l’université et que le revenu moyen approche le double de la moyenne du Québec. Bref, une ville on-ne-peut-plus paisible dont le modèle de développement a été salué par maintes associations. Et que bien des urbains usés par la ville envient…
L’explication serait la suivante : à la fondation de la ville, le nom de Lorraine aurait été préféré à d’autres jugés trop « communs » et trouverait son origine dans l’admiration du Premier ministre canadien d’alors, pour le Général de Gaulle. Et quel était l’emblème de « mongénéral » ? La croix de Lorraine ! Une fois le nom de la ville adopté, les noms des rues ont logiquement découlé. Et donc non, la ville n’a pas été bâtie par des émigrés lorrains en mal de leur pays d’origine. Mais, à en croire Véronique Leblanc, chargée de communication de la ville de Lorraine, les Lorrains du Canada savent d’où viennent les noms de leurs rues. Les plus voyageurs seraient même déjà venus dans la région. Ils auront pu retrouver dans la Lorraine française quelques similitudes. Ne dit-on pas des Vosges qu’elles sont comme le Canada, mais en plus petit ? On comprendra mieux pourquoi la ville de Lorraine est jumelée depuis 1990 avec une ville de Lorraine, en l’occurrence… Saint-Dié des Vosges !
Pour être tout à fait complet, ajoutons que lors de nos recherches, nous avons été étonnés d’apprendre qu’à proximité se trouvent une ville nommée Blainville ainsi que l’aéroport de… Mirabel ! Renseignements pris auprès de l’association Lorraine-Québec, basée à Nancy et qui regroupe des Lorrains amoureux du Québec et du Canada, le nom de Blainville (qui n’est traversée ni par le Madon, ni par la Meurthe) aurait pour origine celui d’un officier de marine parisien parti là-bas au XVIIème siècle. Quant à la ville de Mirabel, qui héberge l’un des deux aéroports de Montréal, l’endroit aurait été ainsi baptisé au XIXème siècle par un homme dont les filles se nommaient Myriam et Isabelle, la contraction des deux prénoms donnant « mir-abel ». Rappelons enfin qu'il existe aussi 3 bourgs aux Etats-Unis qui portent le nom de Lorraine, un dans l'état de New-York (près du lac Ontario), un en Virginie (dans la banlieue de Richmond) et un dernier en plein cœur de la campagne du Kansas !
Le site de la ville de Lorraine : www.ville.lorraine.qc.ca
Le site de l’association Lorraine-Québec : http://lorrainequebec.asso.free.fr
Légendes photos :
- Centre culturel Louis-Saint-Laurent
- Maison Garth, plus ancienne maison de la ville, utilisée pour les séances régulières du conseil municipal et diverses expositions



