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Livres : Lilyane Beauquel, 5ème lauréate du prix des Hebdos en région

Sa chevelure rousse qui protège une tête joliment faite, siège d’une poétique sans faille, Lilyane Beauquel va voir son premier roman Avant le silence des forêts couvert du bandeau d’un prix littéraire, celui des Hebdos en région. 
Mylorraine.fr : Vous venez de recevoir le Prix littéraire des Hebdos en Région pour votre premier roman, une réaction?
Lilyane Beauquel : J'ai été dans beaucoup de sélections de prix mais j'en ai pas obtenu, aussi, je m'étais dit qu'il n'était pas facile d'accès ce petit livre. Mais là, de voir que des jurés vraiment indépendants, éparpillés dans les quatre coins de la France, voir qu'ils se sont mis d'accord, cela m'a évidemment beaucoup réjoui.
ML : Vous aviez la crainte qu’un roman sur la première guerre mondiale ne séduise pas les lecteurs malgré l’unanimité des critiques sur la qualité de votre plume ?
LB : Beaucoup n'auraient pas lu un roman sur la guerre de 14 mais comme il était dans la sélection, les gens qui l'ont eu entre les mains, sont vite rentrés dedans. Ça m'avait étonné d'écrire sur ce thème et les lecteurs vivent la même démarche. C'est très émouvant.
ML : Certains comités de prix littéraires ont parlé de langage trop poétique et pas assez romanesque…
LB : Je ne vois pas la poésie comme genre littéraire mais là elle était au service d'une recherche de liberté du héros donc je n'ai pas écrit poétique pour faire genre, j'ai voulu donner une voix aux soldats de la guerre de 14, ça s'est imposé. Le romanesque ? J'ai beau être prof de Lettres, j'ai du mal à voir ce que pourrait être le romanesque sur la guerre de 14, inventer des péripéties, là je suis dans le quotidien au plus près des émotions, du regard, alors oui,  il n'y a pas de dévoilement, de boite noire, un début une fin, une évolution…c'est une différence d'analyse.
ML : Les héros de votre premier roman se nourrissent de la nostalgie du futur, la souffrance causée par le désir qui jamais ne s’assouvira ?
LB : Oui…dans la vie on peut être triste de ce qu'on ne retrouvera plus -un pays qu'on a quitté, une jeunesse qu'on a perdue- là, les héros ont la nostalgie de ce qu'ils n'ont pas vécu, c'est pour moi l'un des sentiments les plus tragiques qui puissent être, de l'intuition, de l'appétit de vivre, c'est plus émouvant, plus poignant, eux ils le sentent, ils le touchent des doigts mais ce ne sera pas pour eux.
ML : "Avant le silence des forêts" est sorti en septembre 2011,  ces six derniers mois ont été, j’imagine, extrêmement exaltants, l’accueil des critiques, celui du public, c’est un vrai plébiscite de la part de tous, une pression s’est-elle installée sur vos épaules pour le second roman ?
LB : Chaque témoignage, c'est un peu comme un  nouveau chemin dans ma vie, je trouve cela magique, ça m'aide à écrire, là pour mon second roman, j'ai pratiquement fini d'accumuler une matière, j’ai une conscience claire de cette supposée poétique qui a déroutée certains jurys de prix littéraires. Maintenant je la mets sans crainte dans ce nouveau livre et cela, c'est grâce au retour des lecteurs de tous âges. Ce que je vis là m'apprend beaucoup de choses sur moi.
ML : Vos lecteurs vont tout de même vous attendre au tournant ?
LB : Les lecteurs qui ont aimé ce livre vont peut-être m'attendre au tournant mais je ne peux pas prendre cette attente en compte, j'essaye de faire avec ce qui me prend aux tripes, je fonctionne beaucoup avec l'émotion et le travail d'écriture pour arriver au plus près de ce que je veux. Si je m'étais demandé ça pour le premier, jamais je ne me serais dit "il y a un truc à faire sur la guerre de 14".
ML : Où en êtes-vous de votre second roman ?
LB : 250 pages (rires)…je rentre dans la partie de mise en forme qui ne va pas manquer d'être intéressante puisque les retours que me font les lecteurs sont que les petits chapitres, les petites saynètes, cela les séduit.
Je suis en train de trouver une forme ajustée qui sera sans doute éloignée de ce que l'on attend du romanesque traditionnelle. Je me dis que la modernité se situe peut-être, dans une construction romanesque pas forcément programmative, fabriquée, avec une histoire dans la tête qu'on déroule mais en construisant de manière complétement empirique voire désordonnée…c'est là où j'en suis actuellement.
 
Crédit Photo: Daniel Denise.
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A propos de l'auteur : MathieuB verif
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