Lindingre adapté au théâtre !
Yan Lindingre, entre les Beaux Arts de Metz, les projets avec Siné désormais mensuel, ou Manu Larcenet, les sorties prévues chez Requin Marteau et toujours les dessins dans Fluide, a encore trouvé du temps pour adapter sa célèbre Titine au bistrot avec Fabrice Colombero et Eric Mie !
Mylorraine.fr : Une adaptation de Titine au théâtre, déjà, pourquoi?
Yan Lindingre : Déjà, il y a eu une première expérience en Belgique avec « Titine à Charlero »i, on avait fait une adaptation avec Manu [Larcenet] parce que Charleroi est un patelin assez délirant. On avait donc fait une adaptation de Titine là-haut qui a eu beaucoup de succès à Charleroi, où est née une adaptation au théâtre ! On n'avait pas spécialement été consultés, j'étais donc pas spécialement au courant et une fois sur place j'ai découvert mes personnages comme ça sur scène, j'ai vu mes vannes exister en vrai et les gens se marrer autour de moi. Ça c'est un truc que les auteurs de théâtre connaissent mais pas les gens comme moi, c'est une émotion que je connaissais pas du tout ! Je les vois pas se marrer les lecteurs, c'était la première fois que j'avais un retour si direct et ça m'a vraiment emballé ! Suite à ça, y a eu une proposition d'adaptation d’Éric Mie qui est comédien, donc j'ai tout de suite été emballé, Eric est devenu le co-adaptateur et c'est comme ça que ça a commencé !
ML : Comment adapte-t-on de la BD au théâtre ?
YL : J'étais pour que les comédiens s'approprient l'histoire donc j'ai voulu leur laisser pas mal de libertés, je leur ai laissé tout le matos dans un premier temps. Éric a pris ça en main et puis dans la BD y a tout un tas de lieu dans la narration et en théâtre il faut se limiter à deux trois lieux. Puis il faut jouer avec des changements de décors simples, des changements d'éclairage. C'est super compliqué de re-condenser tout ça et ça, y avait que des gens qui connaissent bien le théâtre qui pouvaient le faire, moi je ne connais pas tout ça, d'où l'idée de les laisser faire ! Donc des choses qui devaient se passer dans la rue vont se passer dans la chambre, la cuisine ou le bistrot, les lieux vraiment essentiels quoi. Éric a choisi ce qui lui semblait le plus re-transcriptible au théâtre, donc il a sélectionné une quinzaine d'histoires sur les quatre albums et il les a compilés. Après je suis revenu, je me suis rendu compte que les personnages ne parlaient pas forcément de la même façon donc y a eu un travail de ré-écriture. Et puis y a pas vraiment d'histoire chez Titine donc fallait en créer une à partir des planches existantes.
ML : C'est un puzzle finalement !
YL : Voilà ! Après y a des joints qui se faisaient pas trop entre les histoires et ça donnait un peu un truc à sketchs où on passait du coq à l'âne donc il a fallu refaire la trame, le liant. J'ai donc ré-écrit, on a ré-inventé des scènes, créé un fil rouge, viré des scènes qui paraissaient trop extra-terrestres pour le propos et on a gardé finalement du début jusqu'à la fin des situations relativement calibrées. Mais ce qui me passionne depuis le début, et ça de la BD aux planches il n'y pas de grandes différences, c'est le dialogue ! En tous cas dans les ouvrages où je suis auteur et dessinateur, pas ceux où je bosse pour les autres. J'ai toujours rêvé d'être dialoguiste, pas scénariste, dialoguiste, donc j'ai pris un vrai plaisir à travailler ça, et c'est d'ailleurs le vrai cœur de mon métier. Après, les décors, la mise en scène... bon, c'est aussi bien, comme ça les comédiens qui bossent dessus, et s'y connaissent, sont libres ! Mais j'ai découvert, du coup, dans l'écriture de théâtre un autre vrai plaisir.
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