Que faire ce week-end en Lorraine
L’Europe vue du ciel : les villages vus des nuages
L’Europe vue du ciel : les villages vus des nuages
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L’Europe vue du ciel : les villages vus des nuages
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AdrienChobaut

L’Europe vue du ciel : les villages vus des nuages

Vous avez sûrement déjà vu leur travail dans les rubriques « la Lorraine vue du ciel » des journaux de la région… Les pilotes et photographes de « l’Europe vue du ciel » n’ont pas attendu que Yann Arthus-Bertrand soit célèbre pour magnifier la photo aérienne. Rencontre avec ces nouveaux résidents de la base de « Chambley Planet’Air ».
Mylorraine.fr : Comment en vient-on à monter une entreprise de photographies aériennes ?
Jean-Luc Kaiser : Au départ, je travaillais dans la banque. J’étais déjà fana d’avion, j’avais passé mon brevet de pilote à titre privé. En 1991, je suis alors entré comme commercial dans une compagnie d’hélicoptère qui proposait ses services à la vente ou à la location. Progressivement, en 1999, j’ai créé « l’Europe vue du ciel » avec Daniel Chaubard, un photographe qui était l’un de mes clients. Avec lui, on voulait réaliser quelque chose vraiment en lien avec la photo. Daniel nous a, hélas, quittés en cours de route, à cause d’un infarctus, en 2004. Aujourd’hui, nous sommes 4 personnes, dont 1 pilote, 1 photographe et 1 informaticien.
M. L. : Quand vous vous êtes lancés, pensiez-vous monter une entreprise pérenne ?
J.-L. K. : Ce qui a rassuré notre banquier, c’est que j’avais déjà une expérience de 10 ans dans l’aérien, une bonne connaissance des réglementations et Daniel faisait de la photo aérienne depuis 25 ans. On avait déjà fait quelques opérations ensemble et on avait une certaine connaissance du métier. On a assez vite acheté un hélicoptère, ce qui était un peu fou mais qui était obligatoire pour être autonome. A l’époque, ça représentait 1 million de francs (NDLR : environ 153 000 euros) pour un modèle d’entrée de gamme qui correspondait à ce dont on avait besoin. Aujourd’hui, on a 180 000 photos dans nos tiroirs, photographié 14 000 communes dans 5 ou 6 pays, dont quasiment toutes celles de Lorraine. On a ainsi réalisé pour l’Est Républicain et le Républicain Lorrain une rubrique « La Lorraine vue du ciel ». Depuis, en fonction de nos commandes et de nos déplacements dans le pays, on prend en photo les communes survolées, ce qui nous permet d’agrandir notre photothèque.
M. L. : Quelles sont les réalités de votre métier ?
J.-L. K. : C’est un métier passionnel. Mais le jour où on n’aura plus le feu sacré, on arrêtera, parce qu’il y a aussi beaucoup de contraintes. On ne peut travailler que par beau temps, on doit respecter des normes de sécurité, on ne peut pas faire travailler un pilote plus que de raison ou photographier à proximité d’une prison sans prévenir… On est limité en capacité de production car il nous faut faire attention à tous ces aspects. Mais on fait un métier qui nous plaît, on ne veut pas être les plus riches du monde sinon on ferait autre chose ! Notre objectif est déjà de faire du beau boulot, de pouvoir payer tout le monde et de voir les clients revenir d’années en années. Ca n’a pas de prix, tout ça.
M. L. : Combien y a-t-il d’entreprises de photographies aériennes en France ?
J.-L. K. : Pas beaucoup. Certaines sont spécialisées dans la photo verticale, ou « ortho-photo », un procédé qu’on utilise plutôt pour la cartographie, comme le font l’IGN ou 4, 5 sociétés plus grosses que nous et qui traitent des volumes importants. Après, il y a les photographes qui font de la photo aérienne pour répondre à une commande mais dont ce n’est pas le cœur de métier. Et puis, il y a les gens comme nous, structurés, qui peuvent fournir photographe, pilote et proposer différents types de photos… On doit être une demi-douzaine en France.
M. L. : Qui sont vos clients ?
J.-L. K. : On travaille essentiellement pour les collectivités locales, qui nous appellent pour leur communication, ou les services de l’urbanisme, de l’équipement. On travaille pour des bureaux d’études qui cherchent des terrains, des entreprises comme Réseau Ferré de France, Gaz de France qui ont besoin de connaître un terrain avant de faire des tracés, des entreprises qui veulent une image aérienne d’une usine qui vient d’être inaugurée. On fait aussi beaucoup de suivi de chantiers. On photographie l’évolution de travaux pour la mémoire ou pour que notre client puisse les présenter à ses partenaires ou actionnaires… Au final, les collectivités locales représentent 50% de notre chiffre, les entreprises 45% et les particuliers 5%. On vend essentiellement à ces derniers via internet. Aux balbutiements d’internet, on était étonné de recevoir des demandes des Pays-Bas ou des pays nordiques. Aujourd’hui, c’est courant de voir des Américains qui commandent sur le site des photos de villages de Lorraine, d’Alsace ou de Normandie, parce que leur père s’y est battu ou y est mort !
M. L. : En voyant votre travail, on pense à Yann Arthus-Bertrand… A-t-il contribué à une popularisation de la photo aérienne ?
J.-L. K. : C’est quelqu’un pour qui j’ai énormément d’estime, quelqu’un qui a fait beaucoup pour la photo aérienne, c’est indéniable. J’ai eu le plaisir de le rencontrer quand je louais des hélicoptères, à l’époque où il préparait son livre « la Terre vue du ciel ». Il a apporté beaucoup de choses, va beaucoup plus loin, avec une ligne à la fois artistique et environnementale. En plus, on n’est absolument pas concurrent !
M. L. : Vous venez de vous installer dans votre nouveau hangar de Chambley…
J.-L. K. : On a encore quelques cartons à ranger mais on y est bien ! On a tout sous la main, le hangar pour l’hélicoptère, la possibilité de le sortir facilement, le matériel photo, la tireuse… et toute la logistique nécessaire autour : un point de ravitaillement carburant sur le site, un restaurant pour inviter les clients qui viennent, des ateliers de maintenance et réparation… Tous les gens de l’équipe sont aujourd’hui installés dans les environs où ils ont acheté une maison. Nos anciens locaux étaient coûteux, dispersés… on cherchait un local adapté et c’est très bien tombé.
M. L. : L’aéronautique est-elle un secteur d’avenir ?
J.-L. K. : J’en suis convaincu. Aujourd’hui, les hélicoptères sont utilisés par les SAMU pour sauver des gens, surveiller des lignes, aider à la construction… des boulots de bête de somme ! Avec mon ancienne entreprise, on avait pour mission de vacciner les renards contre la rage. On lançait des morceaux de viande dans lesquels il y avait une capsule de vaccin. C’est l’hélico qui a permis d’éradiquer la rage dans la région. On tapissait les forêts de la région, 90 km2 à l’heure par hélicoptère, sachant qu’on en avait 5 ! L’ABS et le turbo ont été inventés pour les avions, le téflon et les ordinateurs pour la conquête de l’espace… Dans certaines voitures, les informations du tableau de bord s’affichent sur le pare-brise : c’est une invention qui vient des viseurs « tête-haute » issues de l’aviation de chasse. Créer à Chambley un creuset de compétences aéronautiques permettra de créer plus de valeur ajoutée que bien d’autres activités…

Journée « portes ouvertes » à Chambley, samedi 8 octobre, de 11h à 19h
Chambley organise une grande journée « portes ouvertes », avec la participation de l’ensemble des acteurs de la base aérienne et des associations des environs. Au programme, démonstrations, expositions, visites des lieux, animations culturelles et touristiques et même présence de l’équipe de « MyLorraine en live » ! A cette occasion, découvrez plus amplement le travail de « l’Europe vue du ciel », en particulier une exposition sur « les chemins de Saint-Jacques de Compostelle », travail coréalisé avec le photographe tchèque Frantisek Zvardon qui fait également l’objet d’une publication.

Plus de renseignements :  www.leuropevueduciel.com

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