Les Vosges candidates à l'organisation des JO d'Hiver 2022
Le secret était bien gardé : les membres du comité et leurs partenaires annonceront samedi lors d'une conférence de presse l'officialisation de cette candidature à l'organisation des JO d'hiver de 2022.
« Familiaux, écologiques, humains » : voilà résumé en trois mots le projet du Comité « Vosges 2022 » qui sera dévoilé samedi à 15 heures au pied des pistes de Vologne, à la Bresse. Le point de départ d'une aventure sans commune mesure, une opportunité pour tout un coin de France qui, de Gérardmer à Bussang, est appelé à s'enflammer pour l'esprit olympique. Pour l'occasion, politiques, partenaires et maires des communes concernées seront au rendez-vous pour présenter la colossale épopée qui attend le massif vosgien. Le Comité d'Organisation, placé sous la houlette de l'ancien champion de France de ski de fond Jean-Pierre Mougel, devrait réunir plusieurs figures locales parmi lesquelles Lionel Finance, ancien membre de l'équipe de France de descente au début des années 90 et actuel entraîneur de l'équipe de France féminine ou encore Véronique Claudel, championne olympique de biathlon par équipe en 1992 à Albertville.
Ce sont souvent les idées folles qui font les idées géniales : celle-ci était en gestation depuis des années, mais de là à se concrétiser... Á l'origine, certaines personnalités appelées à siéger au Comité d'Organisation se sont pris à imaginer ce que pourraient être les JO dans les Vosges, un peu pour voir, avant de finalement se rendre compte que le rêve n'avait rien d'utopique. Après tout, il y a un siècle, les Vosges accueillaient déjà les grands rendez-vous nationaux de sports d'hiver. « De nombreux paramètres techniques se sont vite avérés encourageants, nous explique Jean-Pierre Mougel, joint par téléphone. Certaines infrastructures ne nécessitent que quelques ajustements. Il y a des pistes, des tremplins, des patinoires, des logements. Nous avons pris la température auprès des politiques et des partenaires qui ont très vite compris l'intérêt de cette opération. Aujourd'hui, tous sont partants et enthousiastes ! »
Bien entendu, un projet olympique sous-tend de nombreux investissements. Mais ceux-ci permettent de doter le secteur d'aménagements qui restent après l'évènement, l'occasion de renouveler les infrastructures sportives et l'offre en matière d'hébergement. Une opération conséquente quand on sait qu'un évènement de cette ampleur nécessite l'accueil d'au moins 20 000 personnes. Le tourisme constituant la première source de revenus des Vosges, l'opération s'avèrera forcément intéressante à long-terme. Et l'hôtellerie locale sera aux premières loges. « Nous voulons que ce projet garde une dimension humaine, poursuit Jean-Pierre Mougel. Il n'est pas question de transformer le massif en un supermarché. Nous avons un savoir-faire, une tradition familiale, autant miser sur ces atouts. Les Vosgiens aiment le sport, leur montagne, et surtout, ils sont généreux : ils se mobiliseront si ce projet est à leur image. »
Bien évidemment, les domaines de Gérardmer et la Bresse sont appelés à accueillir l'essentiel des disciplines. Si l'organisation des épreuves nordiques ne posera assurément aucun problème, les épreuves de descente nécessiteront le prolongement d'une piste ou la création d'une nouvelle pour répondre aux critères d'homologation. Mais assurément, chaque site du massif accueillerait au moins une discipline, jusqu'à la patinoire d'Epinal où l'on pratique déjà le hockey sur glace. Aspect onéreux et complexe du dossier, la question de la piste de bobsleigh et de luge pourrait être facilitée par un déplacement temporaire de la seule piste de France, celle de la Plagne, construite en 1992 pour les Jeux d'Albertville et dont l'exploitation s'avère couteuse pour la commune alpine. Les deux protagonistes feraient ainsi de grosses économies.
Grand atout du projet, le dossier vosgien jouera clairement la carte de l'écologie. Tout nouveau bâtiment devra être majoritairement construit en bois tandis que les aménagements nécessaires répondront à des normes drastiques. Le village olympique serait ainsi entièrement constitué de chalets. On ne sera pas étonné d'apprendre que la mascotte des jeux devrait même représenter un conifère ! Enfin, du côté de l'enneigement, élément qui a troublé le bon déroulement des récents jeux de Vancouver, on ne se fait guère de souci puisque le massif fut l'un des premiers à se doter de canons à neige il y a 20 ans. Et que cet aspect technique est dorénavant maîtrisé par les exploitants locaux.
En attendant de connaître le destin de la ville d'Annecy comme candidate à l'organisation des Jeux de 2018, la France peut déjà compter sur les Vosges pour proposer une nouvelle opportunité en cas d'échec de la candidature savoyarde.



