Les musiques alternatives ont leur école
Loin du strass et des paillettes, la Music Academy International prépare avant tout ses étudiants à affronter le terrible marché du travail, plus impitoyable encore quand il s'agit de celui de la musique. L'école propose une palette de cursus professionnalisant permettant la formation aux métiers du son, tout en prenant en compte les nouvelles données du marché du travail. Une véritable usine à musiciens professionnels, presque tous conscients que le mythe de la self-made rockstar est révolu. Hans J. Kullock, le directeur rockeur et fondateur de l'école, le confirme, "aujourd'hui, c'est presque bête de penser qu'on va gagner sa vie uniquement en faisant de la bonne musique. Il suffit d'allumer la télé ou la radio pour s'en rendre compte". Le rock ou le métal, pratiqués en groupe, permettent en effet rarement de subvenir aux besoins financiers nécessaires pour vivre. Il faut donc multiplier les sources de revenus pour réussir à joindre les deux bouts.
Acquérir des savoirs et savoir-faire, même à un degré élevé, n'est plus garant d'une insertion professionnelle réussie. Il faut se diversifier. En France, il existe cinq débouchés permettant aux étudiants sortants de vivre de leur art. La scène, c'est à dire faire des concerts en groupe ou pour quelqu'un. L'enseignement, qui consiste à donner des cours grâce aux compétences instrumentales acquises tout au long de la formation. Le secteur de l'animation, en tête dans le recrutement de musiciens, qui officie principalement dans le domaine du loisir. La création, qui consiste à créer de la musique fonctionnelle, celle qu'on trouve dans les films, les pubs, les ascenseurs ou bien les toilettes. Et enfin la production, qui touche à l'univers du studio d'enregistrement. "Notre philosophie, c'est que quelqu'un qui veut vivre de la musique doit toucher à au moins trois débouchés, sinon ça ne marche pas pour lui" confirme Hans J. Kullock, plutôt catégorique sur le sujet.
Un autre point fort de l'école, plus informel, est celui du système de contact. "Dans un centre de formation professionnel, ce qui est vraiment valable c'est qui on rencontre plutôt que ce qu'on y apprend" glisse le directeur. La M.A.I. fonctionne comme un gigantesque réseau et ne manque pas de ressources. Les nombreux partenariats à l'étranger le confirment, notamment les relations privilégiées avec la prestigieuse école de Berklee à Boston par exemple. Le formulaire d'inscription de l'école le précise d'ailleurs : "A la Music Academy International, vous évoluerez au milieu de nombreux acteurs du monde musical et commencerez à tisser votre toile relationnelle".
Un parcours difficile
Une année à la M.A.I. est un atout majeur dans une formation musicale visant la professionnalisation, mais un tel parcours n'est pas dénué de difficultés. Premier bémol et non des moindres, le diplôme décerné par l'école n'est pas reconnu par l'état français. "Il n'existe pas de diplôme de musicien en France, seuls les enseignants sont reconnus" regrette Hans J. Kullock. "Actuellement, nous travaillons à l'homologation de notre diplôme. Ce qui permettra de trouver plus façilement des financements d'état" poursuit le directeur, plus enthousiaste. La formation en elle-même est également difficile et onéreuse. Assez cher, le prix d'une année oscille entre 4 270 euros et 8 642,80 euros selon les cursus, même s'il existe différentes possibilités de financement. De plus, l'admission à l'école n'est pas ouverte à tous, seuls ceux qui possèdent déjà un bon niveau musical sont acceptés, au terme d'une audition. La réputation de la M.A.I. relève d'un certain élitisme.
On l'aura bien compris, la Music Academy International ne transforme pas n'importe quel tocard en rock star mondialement connue. Elle forme simplement les musiciens de demain, en leur inculquant une méthode de travail efficace et basée sur l'implication personnelle. Même si l'école ne garantit pas une insertion professionnelle réussie à tous les coups, elle reste néanmoins l'un des meilleurs atouts pour qui souhaite vivre grâce aux musiques alternatives, l'un des derniers bastions du Rock'N'Roll dans l'éducation.
Et quant à ceux qui critiqueraient un éventuel formatage des élèves, Hans J. Kullock ne manquera pas de leur répondre avec humour. "Ce qui me rend heureux, c'est que nous avons des étudiants qui ont réussi dans le jazz moderne, le rock, le métal. Pas mal pour des élèves façonnés... Vous voyez les magazines musicaux, la plupart distribue des CD d'apprentissage d'instruments. Dans 80% des cas, c'est un de nos anciens élèves qui s'en occupe. En quelques sortes, ils tiennent un peu l'enseignement actuel par les couilles. Et ça c'est une fierté".
Plus d'informations sur le site de la M.A.I.

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