Les Brigades d'Intervention Poétiques passent à l'assaut !
Les Brigades d'Intervention Poétiques passent à l'assaut !
Les Brigades d'Intervention Poétiques passent à l'assaut !
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AdrienChobaut

Les Brigades d'Intervention Poétiques passent à l'assaut !

A l’occasion du Printemps des Poètes, semaine dédiée à la poésie qui a lieu chaque année en mars, la médiathèque de Florange a convié une escouade à intervenir de manière impromptue dans les écoles à grand coup de… poèmes ! Leur nom : les Brigades d’Intervention Poétiques, des hommes et des femmes déterminés à faire vivre la poésie là où on ne l’attend pas.

Lundi, collège Louis Pasteur de Florange. Au beau milieu d’un cours d’une classe de 6ème, on toque à la porte. Deux personnes pénètrent dans la classe et récitent des poèmes. Effet de surprise garanti : les élèves en restent bouche-bée. D’autant plus que l’enseignant ne semble pas choqué par cette intrusion. Non seulement, il ne leur demande pas de rebrousser chemin, mais il écoute, lui aussi. 5 ou 6 textes plus tard, les deux comédiens repartent, non sans avoir laissé les textes des poèmes en question. Et le professeur reprend son cours comme si de rien n’était. Les membres de la Brigade d’Intervention Poétiques (ou "B.I.P.") ont frappé. De classe en classe et d’école en école, ils parcourent la ville pour commettre leurs "méfaits". Mardi, même lieu, même classe, même heure : les "B.I.P." récidivent. Encore une fois, le professeur ne bronche pas et les personnages laissent dans une enveloppe les poèmes du jour. Et ce n’est  qu’après une troisième incursion dans la classe, le jeudi, que le professeur - complice - invite les élèves à une rencontre le lendemain avec les comédiens pour avoir le fin mot de ces attaques poétiques…

Les Brigades d'Intervention Poétiques ont été inventées en 1998 suivant une idée de Christian Schiaretti, metteur en scène et directeur de la Comédie de Reims, et Jean-Pierre Siméon, poète et directeur artistique du Printemps des Poètes. Leur objectif : réinsérer la poésie dans le quotidien. Et, dans ce cadre, offrir à des jeunes élèves le poème "nu", dépouillé des commentaires savants et des métadiscours dans lesquels l’école l’a trop souvent enfermé. Pour ces militants, la poésie n’est pas l’objet d’un savoir mais d’une expérience. La poésie respire, vit, se vit. Elle est le plus beau terrain de jeu et d’expérimentation de la langue. Les poètes ne sont pas tous morts et leurs écrits ne se trouvent pas que dans des livres jaunis. Mais en France, la poésie se vend mal, contrairement aux Etats-Unis, à la Grèce, à la Russie, des pays où une tradition demeure. De toute façon, le poète ne s’achète pas…

Poétiquement correct

"La poésie est un genre qui dérange et qui n’est pas toujours entendu, alors que le poète est un visionnaire ! Nombre d’entre eux vivent ou ont vécu misérablement. Contrairement à ce qu’on peut voir dans les autres pratiques artistiques, un grand poète ne vivra jamais de sa plume", lance Bernadette Billa, directrice de la médiathèque de Florange qui revendique son intérêt pour la poésie. Elle a reçu dans son établissement Inger Christensen, poétesse danoise pressentie un temps pour le Nobel de Littérature, mais aussi Bernard Vargaftig (natif de Nancy), Jean Vodaine (d’origine slovène, immigré en Lorraine et décédé en 2006 à Pont-à-Mousson) et Jean Portante (natif de Differdange, au Luxembourg) à l’automne dernier.

C’est elle qui a convié la "B.I.P." formée par Odile Billard, comédienne, et Antoine de la Morinière, musicien, à intervenir à l’occasion de cette semaine poétique dans les classes de 6ème du collège et les cours élémentaires des écoles de Florange. Les membres du duo, amoureux du genre, fréquentent bien les scènes des théâtres de France, ils croient aussi en une action culturelle de proximité. Par le passé, ces agitateurs avaient déjà réalisé des actions dans les rues, récitant aux passants des extraits des "Rêveries d’un promeneur solitaire" de Rousseau. Durant cette semaine à Florange, ils auront lu des textes d’Aragon, Eluard, Queneau, Cendrars, Verlaine, Tzara, Desnos, Guillevic, mais aussi des auteurs russes ou brésiliens comme Carlos Drummond de Andrade. Des textes destinés aux enfants, mais pas uniquement. Et leurs spectateurs d’une semaine de leur confier lors de la rencontre organisée la dernière journée "mais alors, c’est comme du théâtre ?". Ou de demander à leur professeur "un cahier pour écrire leurs sentiments".

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