Le Tour du monde en sac à dos !
Florent Kubler, jeune diplômé des beaux arts et globe trotter indéfectible part pour cinq ans, ce dimanche, faire le tour du monde ! L'animal a déjà pas mal traîné ses guêtres dans une bonne partie des continents européens et africains. Cette fois-ci, il remet ça, avec la ferme intention de « revenir par l'autre côté » et de faire le maximum en stop, parce que le vrai sel du voyage, c'est les rencontres...
Mylorraine.fr : J'imagine que tu t'es donné quelques objectifs dans ce tour du monde en stop et en cinq ans, quels sont-ils ?
Florent Kubler : Alors la seule règle que je m'impose vraiment, c'est de revenir par l'autre côté, donc de faire vraiment le tour du monde. Et puis, je vais faire quasiment tout en stop mais ce n'est pas le but du challenge, c'est le moyen que je préfère et que je vais privilégier autant que possible, mais si je dois prendre un bus ou un bateau pour aller quelque part, je le ferai. Si le boat-stop ne marche pas, je prendrai un ferry ou un bateau !
ML : Qu'est-ce qui te rend le stop si cher ?
FK : Parce que c'est là qu'on fait des vraies rencontres, c'est aussi une énorme liberté, on s'arrête, on change de cap, tous ces avantages-là...
ML : L'aspect du paquetage : tu pars avec un seul sac à dos, quel est le nécessaire de survie que tu vas y mettre ?
FK : Un nécessaire à couture, une bouteille de flotte, une boîte de sardines au cas où ! Ficelle, couteau, hamac pour camper bien sur, j'ai une bâche-poncho aussi, qu'un pote m'a chaleureusement offert qui devrait me servir d'abri si je n'ai rien en cas d'intempéries. Un minimum de fringues chaudes bien sûr ! Et puis... Sac de couchage, quoi d'autre ? Ben après, tout ça c'est pour l'autonomie, le reste y a de l'agrément pour moi, mais ce n'est pas de l'ordre de l'indispensable...
ML : Et dans ce superflu, qui va du coup nous en apprendre plus sur ton individu, qu'est-ce qu'il y a ?
FK : Côté divertissement et compagnie je pars avec presque rien : ni musique, ni rien de cela, y en aura sur place et le but n'est pas de m'enfermer dans ma bulle avec mes habitudes mais justement d'en sortir donc c'est aussi bien ! Sinon un gros carnet et un crayon, de quoi dessiner donc, pour mon carnet de voyage, griffoner des notes et des dessins, un petit appareil photo aussi pour photographier page par page ce carnet et l'envoyer à un copain qui mettra tout ça sur un site. Je compte aussi faire des portraits des gens que je vais rencontrer. Puis sur le site les gens auront la possibilité de faire des dons pour m'aider et s'ils le font, je ferai des cartes postales de paysages que je leur ferai parvenir.
ML : Donc ouverture d'un compte spécial pour que les gens te fassent parvenir de l'argent et ce n'est pas plus mal si tu as un souci...
FK : Oui beaucoup de gens m'ont demandé comment ils pouvaient m'envoyer des sous si besoin, donc la question a fini par se poser. J'ai une sécurité parentale aussi, j'ai une bonne assistance rapatriement...
ML : D'ailleurs, il y a des endroits du globe où l’État refuse d'intervenir en cas de problème si les ressortissants français y ont des problèmes, tu y vas ?
FK : Je voulais commencer d'ailleurs par le Moyen Orient ! Je suis très intéressé par le fait d'aller en Syrie et de relater un peu ce que j'y verrai mais là on rapatrie les ambassadeurs, ça commence un peu trop à être le carnage, et c'est compliqué parce que si je dois éviter la Syrie, je dois passer par l'Irak qui est en guerre et où les frontières sont dangereuses... Donc j'essaie de me renseigner mais ça ne va pas être simple ! Mon voyage n'a pas d'engagement politique en ce sens que je ne le fais pas pour ça, mais ça n'est pas pour autant que la question ne m'intéresse pas. Je ferai bien sûr des observations sur ce que je verrai où je serai, et que je relaierai sur le site ! Quand j'étais au Mali il y a deux ans, alors qu'un vosgien s'était fait enlever, quand je vois le battage qui a été fait, ce que Sarkozy avait dit, interdisant aux français d'y aller et menaçant de ne pas aider les ressortissants enlevés, plus le battage médiatique... Je veux dire : j'y étais et tout ça me semblait absolument démesuré, c'était dramatique évidemment et il fallait faire attention à certaines choses mais ça avait eu lieu dans une zone très précise et le type qui avait été enlevé l'avait été non parce qu'il était blanc ou français mais bien parce qu'impliqué dans la vie sociale malienne, ce qui lui donnait là-bas, un positionnement particulier. Voilà, donc je me renseignerai sur place plutôt qu'en faisant des plans sur la base d'informations parfois exagérées. Et puis du coup, je vais finalement commencer par l'Ouest de l'Afrique !
ML : Pourquoi commencer par là ?
FK : Parce que j'ai rendez-vous au Cap de Bonne Espérance avec des copains qui eux font le tour du monde en voilier. On va essayer comme ça de se retrouver à des points précis pour faire des traversées ensemble. L'idée c'est de se retrouver pour traverser l'Océan Indien en mettant le cap vers l'Inde. Puis j'ai des contacts en Afrique de l'Ouest que j'ai envie de revoir aussi.
ML : Dans tes précédents voyages en stop, qu'as-tu ressenti des cultures traversées ?
FK : Tant qu'on a du temps, partout, ça marche toujours et c'est parsemé de rencontres fabuleuses. Je me suis déjà retrouvé dans des plans un peu foireux, mais tout finit toujours par une bonne rencontre. Puis voilà, on change les itinéraires, les idées, et tout finit par un sourire. A chaque fois ça m'émerveille ! Y a peut-être quelques pays où c'était plus compliqué, en Italie ou en Espagne c'était vraiment difficile mais globalement partout on s'en sort ! Pour moi, il y a toujours un moment où on prend du recul, où on se dit « mais qu'est-ce que je fous là ? ». En Grèce j'étais avec un mec qui m'avait pris en stop qui se piquait à l'héro tous les 100 kilomètres et qui me disait que c'était médical. Il était totalement arraché et puis on s'est arrêtés dans un coin sombre loin de tout, et en fait c'était pour boire un coup avec son frère ! Enfin voilà, il y a toujours un moment où on flippe et puis en fait ça se passe bien et c'est reparti ! Ça fait des années que je fais du stop et que j'ai vraiment jamais eu aucun souci !
Propos recueillis par LN
Crédits photos : Florent Kubler.
Et n'hésitez pas à suivre les tribulations de Florent sur son site...
A propos de l'auteur : Ln 



