Que faire ce week-end en Lorraine
Le rugby, ce sport si féminin…
Le rugby, ce sport si féminin…
Le rugby, ce sport si féminin…
Le rugby, ce sport si féminin…
Publié le
AdrienChobaut

Le rugby, ce sport si féminin…

A l’heure de la Coupe du Monde de Rugby, Mylorraine.fr a voulu faire dans l’originalité… Si ce sport a surtout la cote dans la moitié sud de la France, on trouve bien évidemment quelques clubs dans notre région. Il existe même des sections… féminines ! Le rugby, un « sport de gonzesses » ? Et pourquoi pas ?

Alors oui, on pourrait sourire du fait que des jeunes femmes pratiquent ce sport à l’image virile. Mais la rigueur journalistique nous incitera très vite à laisser de côté les aprioris machistes ou sans rapports avec l’esprit sportif. Seule la curiosité (bien placée, il ne s’agit pas de les regarder comme des bêtes curieuses !) et la bienveillance nous mènera dans notre reportage, reportage qui n’a pour objectif que de répondre aux questions suivantes : qu’est-ce qui amène les filles à pratiquer le rugby ? Certaines aiment les jeux de garçons, mais quand même… Et puis, le rugby féminin, est-ce différent du rugby masculin ? Les vrais amoureux de l’ovalie savent bien que la masse musculaire ne fait pas le beau jeu. Ni la masse tout court, d’ailleurs. En Lorraine, si on aime bien le rugby, c’est plutôt à la télé. Question de culture. Il est vrai que le centre de gravité du rugby français penche sérieusement vers le sud. Ca n’empêche pas certains Lorrains de s’adonner à ce sport, dans la plus pure tradition de ce qui se fait en Occitanie. Troisième mi-temps comprise. Et certaines Lorraines également, donc. Ce que nous sommes allés vérifier au club de Nancy-Seichamps…

Elles se prénomment Julie, Amandine, Aurélie, Nadège… Mais pour leurs entraîneurs, c’est « Minimoi », « Paupiette » ou « Bijou ». Au club de Nancy-Seichamps, toutes les joueuses ont un surnom. Tout comme leur coach, qui se fait appeler « Sanglier ». Elles sont donc une trentaine, de 20 à 32 ans, à composer l’équipe « senior ». Etudiantes en kinésithérapie, en médecine, en sport, éducatrice spécialisée, paysagiste, gendarme, militaire… elles se retrouvent deux fois par semaine autour de leur passion commune. La diffusion des matchs à la télé y est rarement pour quelque chose, un membre de la famille déjà pratiquant ont fait plonger certaines, mais pour la plupart, c’est au lycée, en cours de sport, qu’elles se sont découvert une passion pour le ballon ovale. Auparavant, elles avaient bien goûté à d’autres sports, tels le handball, la gymnastique, l’athlétisme, le ski de fond, le judo ou encore le foot, en compétition ou non… et celles qui sont venues essayer ne serait-ce qu’une fois ne sont jamais reparties. Un effet « coupe du monde 2011 » aurait même déjà permis l’arrivée de nouvelles recrues.

Troisième mi-temps

L’équipe féminine vient contredire beaucoup d’idées reçues sur l’ovalie. D’habitude, les plus costauds vont au contact devant tandis que les plus élancés sont appelés à courir depuis l’arrière. Mais là, aucun monstre de musculature à l’horizon. Ni de monstre tout court, d’ailleurs. Et les filles pointent du doigt les clichés colportés par la télé. Dans une équipe de rugby, tout joueur, quel que soit son gabarit, peut trouver sa place. Et celles qui atteignent difficilement le mètre 60 pourront toujours jouer « demie de mêlée ». Assurément, dans le rugby féminin, il y a aussi des impacts. Et les filles ne font pas semblant. Vient alors l’heure de la question qui tue. Quand on leur demande si elles n’ont pas peur de se faire mal, l’une d’elles répond du tac-au-tac « pas plus qu’un garçon ». Et paf… Assurément, dans leur esprit, « ça permet de se défouler, ça apaise ». Le rugby féminin, un sport comme les autres.

Depuis le bord du terrain du stade Matter, « Sanglier » mène les filles avec un sérieux quasi-militaire et ne prend pas de pincettes pour faire passer ses consignes. La section féminine du club est en « fédérale 1 », autrement dit la 3ème division du rugby féminin français. Et ça ne rigole pas. Du moins, pas pendant le temps consacré au jeu. D’ailleurs, aucune ne bronche, sinon pour haranguer ses partenaires. Et la section féminine étant à ce jour la mieux classée du club, elle n’est pas considérée comme une section au rabais ! Les dirigeants aspirent même à la voir monter d’une division. En aparté, « Sanglier » confesse qu’au départ, il ne comprenait pas que des filles jouent au rugby. Depuis 10 ans maintenant, il en entraîne et les apprécie pour leur discipline et leur mentalité. Contrairement à leurs homologues masculins, elles ne viennent pas le contredire ou lui expliquer que « ouiiii, mais lààà, tu voiiiiis, Dan Carter il aurait fait comme çàààà… ». L’automne arrivant, les coachs sont d’ailleurs très investis, car le championnat va reprendre. Les filles vont affronter des clubs de tout l’Est de la France, Dijon, Sélestat, mais aussi Nice, Chambéry, Lyon, Grenoble… Avantage et inconvénient d’une pratique qui n’est pas encore très courante. Les filles vont passer une paire de week-ends entre elles, à tailler la route en bus. Et quand elles ne parleront pas de rugby, elles se retrouveront assurément sur un autre terrain… celui de la fête. A les entendre, elles ne seraient pas les dernières lorsqu’il s’agit d’attaquer la troisième mi-temps…

Les « Panthères Roses »

On savait la chose possible depuis la révélation du messin Morgan Parra : la Lorraine fait aussi éclore des talents en matière de rugby féminin. Originaire de Saint-Avold et fille de rugbyman, Elodie Houllé a été sélectionnée l’an passé en équipe de France des moins de 20 ans. Pour continuer dans son ascension, elle a rejoint le sud-ouest pour jouer avec Saint-Orens, l’un des clubs du « Top 10 » féminin, tout en continuant ses études à la fac de sport de Toulouse. A l’issue de la Coupe du Monde 2007, Elodie et sa sœur cadette se sont lancées et ont cherché d’autres filles avec qui jouer à Saint-Avold. Arrivées à Nancy pour leurs études supérieures, elles ont logiquement intégré le club de Nancy-Seichamps.

Ceux qui penseraient encore que le rugby féminin n’est qu’une réunion de « garçons manqués » en auront pour leurs frais. Les « Panthères Roses », comme elles se sont surnommées à une époque où leur maillot était de cette couleur, n’oublient pas de se remaquiller avant de sortir du vestiaire. Sous la houlette d’Aurélie Peignier, l’une de leurs capitaines qui pratique la photographie, elles sont allées jusqu’à réaliser un calendrier photo en noir et blanc où elles rient du pseudo-paradoxe du rugby féminin, alternant photos de joueuses maculées de terre quand d’autres en petite tenue s’attardent sur leurs ongles ou leur maquillage. Aurélie, qui a déjà travaillé le nu artistique, réfléchit même à réaliser ce qui pourrait s’appeler « les déesses du stade », un calendrier sublimant les corps de ces athlètes, au féminin…

Le site du club de Nancy Seichamps : www.nancy-seichamps-rugby.org
Le blog de la section féminine de Nancy-Seichamps : www.rugbywomans54.canalblog.com
Le blog photo d’Aurélie Peignier : www.aurelie-peignier.fr

Les autres sections féminines de rugby en Lorraine

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