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mathieuB

Le fabuleux destin des Grandes Gueules !

Le vidéaste Jean-Pascal Voirin a profité des dernières Rencontres du Cinéma de Gérardmer pour présenter son documentaire "Le fabuleux destin des Grandes Gueules". Un hommage poignant au film culte de Robert Enrico avec des scènes et des anecdotes inédites, à voir absolument !

Mylorraine.fr : Quand avez-vous pris l'initiative de raconter ce "fabuleux destin..." ?
Jean-Pascal Voirin: C'est une longue histoire, il y a quarante ans, en 1972, mon père est allé faire des diapos sur les ruines du tournage, il m'a embarqué avec lui. Puis de savoir que, à cet endroit, des acteurs comme Bourvil et Ventura avaient tourné, a, je pense, enfanté mon désir et ma passion pour le cinéma. L'obstination concernant les Grandes Gueules, par la suite, ne m'a pas quitté jusqu'en  2007. Après une bonne vingtaine d'années d'accumulation de documents et de témoignages, je me suis décidé à construire un documentaire, en refaisant un appel à contributions par l'intermédiaire des médias, qui m'a permis de pouvoir l'étoffer avec des perles comme les 150 diapos couleurs de l'époque, deux films amateurs inédits dont un avec une scène coupée à Vagney qui n'avait pas été retenue dans le film.
Ml : Et des témoignages !
JPV : Notamment le témoignage de Marcel Ravel (qui s'est occupé des effets spéciaux sur le film), récupéré par hasard en 2007, puisqu'il m'a appelé de la Drôme après qu'il ait appris que je faisais un documentaire. Un témoignage qui a servi de fil rouge au documentaire.
Ml : Marcel Ravel, l'un des derniers témoins et acteurs de la réalisation de ce film...
JPV : Marcel Ravel qui je le rappelle, a été recruté par hasard au départ pour confectionner la douche que prend Ventura. Il fallait créer une douche bidon et Marcel Ravel qui était ingénieur, a trouvé en dix minutes le moyen de la faire et Robert Enrico l'a gardé, à ses côtés, pendant les neuf semaines de tournage pour faire tout un tas de choses dont la remise en route du haut-fer et le fonctionnement du locotracteur, la gestion de l'incendie. Un homme à tout faire dont les propos ont permis de donner le ton du documentaire.
Ml : Vous avez emmené José Giovanni, auteur du Haut-Fer et Robert Enrico qui a donc adapté le roman sous le titre Les Grandes Gueules, en 1995 sur les lieux du tournage, dans la clairière de Cellet, un moment unique...
JPV : C'était un moment émouvant et assez pluvieux. Pour l'anecdote, il avait plu toute la durée du tournage et trente ans après il tombait encore des cordes (rires).
Ml : Le pivot central des Grandes Gueules, c'est José Giovanni...
JPV : Oui, du début jusqu'à la fin. Six mois avant sa mort, alors qu'il était gravement malade, il s'est battu juridiquement pour récupérer les droits du film et il a gagné. C'est dire à quel point il tenait à ce film. Il était bien conscient que ce film avait été une rampe de lancement pour Ventura , François de Roubaix (compositeur des musiques du film), ce fut aussi le premier vrai succès populaire d'Enrico. Le choix de Bourvil pour interpréter Hector Valentin, c'est à lui qu'on le doit.
Ml : L'une des révélations de ce documentaire et non des moindres, est que Bourvil voulait développer sa part comique dans ce film...
JPV : Effectivement Bourvil n'était pas chaud pour jouer dans le registre dramatique et comme Enrico n'avait pas réussi à le convaincre, ils ont fait, pendant la première semaine de tournage, deux versions, une comique et une plus dramatique. Par la suite, Bourvil remerciera Enrico d'avoir choisi le registre du drame. Le succès du film est dû à la qualité de la réalisation mais en grande partie à la prestation de Bourvil. C'est pour moi l'un des rôles les plus émouvants de Bourvil en mettant à part Le Cercle Rouge, son dernier film qu'il joua malade.
Ml : Les Grandes Gueules, furent Bourvil, Ventura mais pas que, vous rendez hommage à Jean-Claude Rolland, un acteur au destin météorique et au compositeur François de Roubaix...
JPV : Oui, pour Rolland, c'est le seul long-métrage de cinéma dans lequel il est présent. Il avait tourné dans L'Espagnol avant, pour la télé et fait des petits rôles. C'était une sorte de Dewaere des années 60 qui avait mis le feu à l'appartement de son ex juste après les Grandes Gueules, il s'est donc retrouvé en prison et après avoir essuyé trois refus de liberté conditionnelle, il s'est pendu. François de Roubaix, lui aussi, c'était un ovni. Ce fut le premier à utiliser des synthétiseurs, il avait une avance folle, dans la composition musicale de son époque, c'était un génie et en 1975, juste après le tournage du Vieux Fusil, il fait une plongée aux Canaries et il n'est pas remonté. Il avait 36 ans.
Ml : Un dernier mot !
JPV : Les Grandes Gueules furent un carrefour de talents. C'est un cinéma qui n'existe plus... malheureusement. Marcel Ravel n'a pu fait de cinéma après car il avait conscience qu'il ne retrouverait plus cet esprit de solidarité, d'humanité qui régna sur le tournage des Grandes Gueules.

 

Plus d'informations : Le fabuleux destin des Grandes Gueules, un documentaire écrit et réalisé par Jean-Pascal Voirin. Le DVD est disponible sur le site internet. Le documentaire sera projeté le 10 mai prochain au Casino de Joeuf.

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