La Réserve Naturelle Régionale de la zone humide du moulin de Velving-Téterchen
En octobre 2005, dans le cadre de son action en faveur de la biodiversité et grâce aux mesures de décentralisations, la Région Lorraine actait la création de Réserves Naturelles Régionales avec, pour objectif, de protéger des sites naturels présentant un intérêt au moins de niveau régional. Depuis cette époque, 6 sites ont été classés (pour un total de 1390 hectares) et leur gestion confiée à une association avec qui la région travaille en étroit partenariat, le Conservatoire d'Espaces Naturels de Lorraine. En plus de bénéficier de mesures de protection, ces espaces constituent des sites d'éducation à l'environnement à destination du grand public comme des scolaires.
Depuis 1982, la zone de Téterchen était inscrite dans l'inventaire national des Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristiques (ZNIEFF). En 2007 et 2008, le Conservatoire d'Espaces Naturels de Lorraine a racheté les terrains de cette zone humide dans le but de l'assainir, d'en sauvegarder la biodiversité et même de retrouver celle qu'elle était par le passé. En un siècle, la France a perdu les deux-tiers de ses zones humides. En cause, l'urbanisation, l'agriculture intensive, les aménagements touristiques et portuaires en bord de mer… Aujourd'hui, les zones humides ne couvrent plus que 3% du territoire. On appelle zone humide des secteurs où l'eau est présente une majeure partie de l'année, dont le sol est gorgé d'eau et où se développent justement une vie animale et végétale caractéristiques. Car nombreuses sont les espèces inféodées à ces milieux.
Dans cette zone humide se côtoient des milieux très variés pour une telle superficie, une vraie mosaïque qui a logiquement contribué à son classement : on trouve en effet à cet endroit un marais (ou tourbière) calcaire de 20 ha, un étang de 9 ha bordé de 7 ha de roselières (l'étang de Velving), des prairies humides abritant une importante végétation, des saules, des vieux boisements, mais aussi une relique de pelouse calcaire (comme on en trouve sur la réserve de la Côte de Delme), abritant quelques plantes aromatiques typiques des milieux méridionaux, comme l'origan !
Comme ses consoeurs, cette réserve abrite une faune et une flore remarquables. Grâce à sa richesse, le site accueille 82 espèces d'oiseaux nicheurs, sans parler des oiseaux de passage. On y observe Rousserolles turdoïdes, Pies-grièches écorcheurs, Tariers des prés ou encore Busards des roseaux. Ajoutons-y les Milans, la Mésange à longue queue ou encore le célèbre Martin-pêcheur. Dans les herbes nichent sauterelles, criquets et papillons qui font aussi le régal des chauves-souris. Cette diversité se traduit aussi par la présence de plus de 100 plantes et de 7 mousses remarquables. Parmi les plantes, des orchidées s'épanouissent sur la tourbière, comme l'Epipactis des marais, l'Orchis à larges feuilles ou la Succise des prés.
Au delà de la préservation du patrimoine naturel, l'enjeu principal pour ce site est une gestion durable avec l'aide des agriculteurs et des chasseurs (qui traquent là les sangliers, grands amateurs de milieux humides et de bains de boue !) et la restauration de la zone humide. La tourbière et la pelouse calcaire bénéficient actuellement d'un rajeunissement : l'herbe y est fauchée, et on y a enlevé les arbustes et buissons qui empêchent les plus petites plantes de se développer. Autre grand chantier en cours : l'assainissement de l'étang. Actuellement à sec, il est en phase de réhabilitation.
Crédits photos : Anne Diss, Marion Suaire, Pascal Toussaint, Guillaume Gama, Mélanie Bernard.
Pour plus de renseignements
- Mélanie Bernard
- Velving, France
- 03 87 74 86 27
- www.cren-lorraine.fr



