Julien Petit est un saxophoniste très talentueux, de Metz. Voici son interview par une des internautes contributrices de Mylorraine.fr.
Daniela Avanzata : Quel a été le déclic pour vous, pourquoi cet instrument plutôt qu'un autre ?
JP : C'était en cours de solfège, à Réhon (Longwy), à l'école de musique, ce souvenir est puissant, la prof nous a montré un saxophone, et là j'ai été comme subjugué et attiré par cet instrument, j'étais le seul à réagir vivement, et mon bras s'est subitement levé tout seul, et là... l'évidence !
J'ai commencé les cours de sax ; et l'autre déclic, je faisais partie de l'orchestre de l'école de musique, à 12/13 ans, et je commençais à jouer plus sérieusement et lorsque je jouais je ressentais un grand sentiment de liberté et l'impression très agréable d'être propulsé dans un autre monde, dans lequel je m'abandonnais totalement.
DA : Votre parcours est riche et diversifié, aujourd'hui vous sentez-vous comblé par vos compositions, concerts...?
JP : Je pourrais faire un CD par mois, mais c'est impossible, par manque de moyens. J'ai des idées de big band, de philarmonique, d'orchestre de musique free, groupe pop slam, mais je ne suis pas sur Paris, c'est donc moins évident pour les contacts. Néanmoins, je n'ai pas à me plaindre, car c'est très dynamique en Lorraine, en ce qui me concerne : revue cabaret, musique variété, fanfare cocasse, avec également Los Hermanos Locos, musique cubaine très dansante et rythmée. J'ai beaucoup de travail avec les sociétés événementielles lorraines et les spectacles cabaret, danse, j'ai 2 ou 3 représentations par semaine, ce qui est déjà bien !
DA : Quelles ont été vos influences principales,
vos professeurs musicaux ?
JP : John Coltrane, Charlie Parker.
DA : Votre dernier album est plutôt orienté vers
le Be-bop ou autre ?
JP : Be bop Soul.
DA : Le plaisir partagé avec le public est-il toujours aussi fort et intense, ou s'estompe-t-il avec le temps ?
JP : Il ne s'estompe jamais et le plaisir avec le public est toujours aussi puissant et intact. D'ailleurs, tous les jeudis soirs, au OZ Café à Metz, on essaie de faire intervenir tous les genres musicaux, et les personnes désirant partager la musique avec nous, et qui ont l'envie de jouer, c'est très intéractif, et tout le monde est très heureux de partager de la bonne musique, du bon son, et de la bonne humeur !
DA : Que pensez-vous de la phrase: "La vie ne vaut d'être vécue sans musique" ?
JP : C'est une très jolie phrase détournée de Gainsbourg, mais je préfère celle-ci qui est plus parlante : "Tout est musique, un tableau, un paysage, un livre, un voyage ne valent que si l'on entend leur musique". Jacques de Bourbon Busset.
DA : Mis à part la musique, quels sont vos centres d'intérêt ?
JP : J'aime beaucoup lire, j'aime aussi le dessin, j'essaie de retranscrire des émotions, des personnages ludiques dans un univers particulier, tel que le cirque, que j'adore.
DA : Julien Petit, vous êtes un enfant de la Région, pensez-vous que la Lorraine soit une région suffisamment sensibilisée vers les talents de chez nous ou manque-t-il encore des aides régionales, des budgets pour organiser des concerts ou autres ?
JP : La France manque de diffuseurs, ce qui marche ce sont des émissions comme la Star Ac. Il faudrait plus d'associations, plus de labels afin de développer des groupes, comme le Pavé, le Gueulard de Nilvange. Le capitalisme musical écrase tout, et c'est catastrophique car il étouffe les talents.
DA : Avec qui souhaiteriez-vous partager la scène, dans vos rêves les plus fous ?
JP : J'aimerais partager la scène avec Bernard Lavilliers (c'est le plus grand poète vivant pour moi), et Oxmo Puccino, que je trouve formidable !
Merci Julien, on va vous laisser souffler !
Si vous souhaitez découvrir les dates de ses concerts, ainsi que son actualité, ses univers : http://www.julienpetit.com/
Pour finir, j'ai demandé à ses amis et proches ce qu'ils pensaient de lui, sa personnalité : Groovy, joyeux, talentueux, entier.
Et de sa musique : énergique, explosive, pleine d'énergie, joyeuse.
Je termine cette sympathique interview en deux mots : lui est solaire, et sa musique, salutaire !!
À bon écouteur !
Bebop du Lancieu par Julien Petit
crédits photos : Patrick Kopp / Daniela Avanzata / Andrea Sale