Jonathan Brison, le recul et l’expérience !
Il débute sa neuvième saison au sein de l’effectif de l’ASNL. Club avec lequel il a connu la montée en ligue 1, la victoire en coupe de la Ligue et une campagne européenne. Jonathan Brison écrit son histoire en rouge et blanc pour le plus grand plaisir des spectateurs du stade Marcel Picot. Il livre pour MyLorraine.fr l’état d’esprit qui l'anime en ce début de nouvelle saison.
Changement d’entraîneur, changement de dimension ?
Non pas forcément, ce sont les méthodes de travail qui sont différentes. Par exemple lors de la préparation avec l'ancien coach Pablo Correa, on travaillait essentiellement le physique le matin et le ballon l'après-midi, là on a travaillé le physique et le ballon en matinée mais aussi l'après-midi. Dès le début, dès la première semaine, ça change mais le corps s'habitue petit à petit et de toute façon, nous sommes professionnels, à nous de nous adapter.
Jean Fernandez est l'archétype de l'entraîneur à l'ancienne jouissant d'un cv qui impose le respect, l’ambiance est différente ?
C'est quelqu'un de très professionnel qui n'aime pas qu'on rigole à l'entraînement! Je ne dis pas que c'est mieux ou moins bien, il est comme ça et c'est à nous de nous adapter à sa façon de travailler. Quand on est à l'entraînement, c'est étirement, récupération, on est vraiment à 100%. Pendant l’entraînement, il veut vraiment du sérieux, ce n'est qu'une fois dans le vestiaire qu'on peut se lâcher un peu plus et rire.
Un grand écart entre la fin de saison dernière euphorique et cette reprise placée sous le signe du travail et du sérieux ?
C'est vrai que l'année dernière, on a eu la chance de surfer sur un dernier mois exceptionnel, c'était vraiment que du bonheur de finir le championnat surtout qu'on s'est sauvé. Après on a bien profité des vacances et là on repart sur quelque chose de nouveau. Alors oui, il y a une sorte d'inconnue. Généralement quand on ne connaît pas, on a un peu peur, on craint de ne pas savoir ce qu'il va se passer et dans ces cas-là, seul le travail compte. Là, c'est vrai qu'on bosse bien, que c'est studieux, toujours avec l'idée que c'est à nous de nous adapter pour satisfaire l'entraîneur.
Avoir vécu toute l’ère Correa a aiguisé ton acuité sur le club et les joueurs, ton expérience, tu es désormais un joueur cadre de l'effectif, Jean Fernandez en a-t-il conscience selon toi ou met-il tout le monde sur le même pied d'égalité ?
Sur le terrain, il met tout le monde sur un pied d'égalité. Après c'est vrai comme il est de l'ancienne école, les plus anciens passent en premiers, au niveau des massages par exemple. Ou bien encore ce sont les plus jeunes qui vont remettre les buts en place à la fin des entraînements. Ensuite personnellement, je pars du principe que sur le terrain, quand j'avais vingt ans je pouvais bouger quelqu'un de trente ans et donc pour le terrain ça restera et c'est logique, le plus performant qui jouera. Ensuite en dehors, c'est vrai que nous les anciens, on a quelques passe-droits dans le quotidien de tous les jours, par exemple on va se servir en premier à table, des petites choses comme ça.
C'est important ici le respect des anciens ?
Tout à fait, c'est quelque chose d'important à l'ASNL que Jean Fernandez a voulu intensifier. Il nous a donné notamment pendant le stage de préparation quelques règles de conduite essentielles pour lui et le bon fonctionnement de l'esprit d'équipe.
Les départs de Gennaro Bracigliano de Benjamin Gavanon t'ont affecté?
Forcément... surtout quand je regarde le vestiaire et que je me dis que l'on n’est plus beaucoup à avoir gagné la coupe de la Ligue et être monté en ligue 1 ensemble, c'est certain ! Mais le foot est comme ça, je suis le plus heureux pour eux deux, Benjamin voulait vraiment découvrir autre chose quant à Genna', il signe à l'OM et trois semaines après il gagne un trophée (trophée des Champions) mais c'est vrai on a une histoire sportive commune, on a grandi ensemble...Alors certes, ils en restent encore quelques-uns dans le vestiaire mais on est de moins en moins.
Lille en premier match...
C'est bien de commencer par eux, tu rentres dedans tout de suite !
Où en es-tu contractuellement avec l'ASNL ?
Je n'ai pas re-signé, je suis en fin de contrat à la fin de cette saison.
Aimerais-tu jouer à l'étranger ?
L'étranger me botterait bien. J'adore le championnat allemand, l'engouement qu'il peut y avoir. Au niveau de l'infrastructure ils sont vraiment un cran en avance sur tout le monde en Europe, c'est un championnat qui me plaît.
Le foot est en train de changer, on voit qu'il va y avoir les entreprises familiales type ASNL et les gros clubs comme le PSG avec un fond de pension derrière, ça t'inspire quoi, toi qui a commencé il y a déjà dix ans ?
J'ai surtout peur que ça scinde vraiment le championnat en deux, avec les grosses écuries aux moyens mirobolants et les autres. Malheureusement pour un club comme Nancy et les autres à standing moyen, les gens veulent voir cela, ils veulent des Barcelone Real dans le championnat de France donc si les spectateurs voient qu'il y a des gros transferts dans les clubs phares de notre championnat, ils seront contents. Ensuite c'est vrai que pour nous ça sera plus délicat. Mais je pense malgré tout que ça a quand même un avantage puisque ça va ramener des joueurs de plus grande qualité donc le championnat le sera également.
Tu portes le numéro 23, un chiffre légendaire dans le sport ?
Je suis fan de Jordan, c'est pour ça que j'ai le 23, j'adore le basket et la NBA (rires).
Si je te demande : Un film ?
« La vie est belle » de Benigni !
Une personnalité ?
Gérard Darmon, j'aime bien ce qu'il dégage !
Un sportif ?
Federer la grâce et Allan Iverson, un guerrier j'adore son tempérament sur le terrain.
Qu’écoutes-tu en ce moment ?
La radio (rires) ! Je n'ai pas de musique de prédilection en ce moment. Dans la voiture j'écoute France Info.
Un livre ?
Je suis un lecteur de romans policiers. Sinon mon livre d'enfance, c'est « L'île au trésor » de Stevenson. J'ai un copain qui me l'a offert, je n'ai pas encore pris le temps de le relire.
Un footballeur ?
Ryan Giggs le palmarès et la fidélité à Manchester. J'hésitais avec Robert Pirés parce qu'il est rémois lui aussi.
Dans cinq ans, tu te vois encore footballeur ?
J'espère, je sais que je serai à la limite. J'espère que je prendrai encore du plaisir comme Benjamin (Gavanon), même à un niveau inférieur. Le jour où on va l'entraînement et qu'on n'a plus le désir, c'est là qu'il faut savoir s'arrêter. Je n'ai pas encore décidé de mon avenir et j'espère encore avoir le temps d'y réfléchir.
La Lorraine enfin... y as-tu un endroit de prédilection ?
Je l'aime bien, j'y suis venu tôt (rires). On va souvent au parc de Sainte-Croix avec ma famille, les enfants adorent les animaux.
Propos recueillis par Mathieu Bonis
A propos de l'auteur : MathieuB 


