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Jérôme Jacob garde "la ligne"

Après "Rothenberg", un premier film d’angoisse tourné dans les tunnels de la Ligne Maginot, le jeune réalisateur Jérôme Jacob, originaire d’Hestroff en Moselle, a réalisé cet automne "La ligne", un moyen-métrage qui raconte l’année 1940 vue par les soldats français cantonnés là…

Découvrez la bande annonce officielle du film "La ligne" :


Mylorraine.fr : Après "Rothenberg", un premier film tourné dans les couloirs de la ligne Maginot, tu as choisi de prendre à nouveau ces fortifications comme cadre. Tu as une fascination pour ce décor ?
Jérôme Jacob : A l’issue d’une projection de "Rothenberg", des passionnés de la ligne Maginot sont venus me voir et m’ont dit qu’il n’y avait jamais eu de film produit sur la période de 1939-40, sur la "Drôle de Guerre", et sur le rôle de l’armée française. Il faut voir qu’un fort sentiment de défaite est resté. Et jamais personne ne s’est risqué à faire un scénario sur cette époque, sinon "Week-end à Zuydcoote" avec Belmondo (NDLR : film d’Henri Verneuil de 1964, sur l’évacuation de la "poche de Dunkerque" en mai 1940) pour montrer la débâcle de l’armée française. Mais rien sur la ligne Maginot. L’une de ces personnes m’a ensuite invité à visiter une casemate rénovée dans les conditions de guerre de l’époque. Je me suis rendu compte que c'était un décor très impressionnant ! Là, plusieurs personnes m’ont proposé de collaborer avec moi et de me procurer des costumes, des véhicules d’époque... J’ai donc réfléchi au scénario d’un moyen-métrage, un scénario dramatique et non fantastique, avec une réflexion historique.
M. L. : Qu'est-ce que cet épisode de l'histoire a de potentiellement intéressant ?
J. J. : J’ai voulu montrer dans ce film ce qu’il s’est passé en 1940, avec un fil dramatique et psychologique. J’ai voulu montrer ce qu’on n’a jamais vu jusque-là, l’armée française face à l’attaque allemande en mai 1940 dans le contexte "Maginot". C’est l’histoire d’un équipage d’une casemate, à l’heure de la "Drôle de Guerre", qui est surpris par l’attaque allemande. Certains ont pris de mauvaises habitudes, d'autres ne veulent pas se battre, parfois pour des raisons politiques... Ce que j’ai voulu montrer aussi, c’est comment des hommes enfermés dans leur casemate de béton, avec leurs idées, leurs valeurs et dans un contexte de guerre amène un affrontement de caractères… Quand les Allemands arrivent à Paris, les communications sont coupées avec leur État-major, ils se retrouvent isolés dans l’Est et ne savent pas s’ils doivent continuer le combat ou pas. Ces points sont repris de journaux de bord d’époque. Quand le "cessez-le-feu" est proposé le 17 juin 40, l’information ne leur est pas parvenue et certains ont résisté jusqu’à la mi-juillet.
M. L. : Les décors et les costumes étant trouvés, des investissements ont-ils été nécessaires ?
J. J. : J’ai aussi reçu le concours d’acteurs professionnels belges qui n'avaient pas de contrats sur le moment et ont accepté pour l'expérience. Pour le matériel, j'ai investi. Aujourd’hui, on peut tourner avec des appareils photos numériques. J’ai découvert que des grands réalisateurs américains ont tourné des films très connus avec. Quand il est totalement équipé, on ne voit plus que c’est un appareil photo. C’est petit, léger et pratique pour tourner des scènes d’action dans des endroits exigus. On a une image 35 mm "cinéma" qui est terrible, car on a une gestion de la profondeur de champ qui est très intéressante. On peut mettre en valeur des objets du décor en gérant le flou, et on a un très beau rendu... Au total, le tournage a duré 12 jours en septembre - octobre de l'année dernière.
M. L. : Tu as aussi créé ta propre société de production, "Black Owl Prod" pour promouvoir "La ligne" au "Short Film Corner" de Cannes…
J. J. : C’est la partie dédiée aux courts-métrages du Festival de Cannes. Pour cela, il faut respecter certains critères d’admissibilité comme ne pas dépasser 35 minutes, rien de très contraignant. En fait, j’ai monté le film dans l’optique de Cannes. Mon objectif est d’approcher des professionnels pour le projet d’un long-métrage au mois de septembre, un film qui aura encore pour cadre la ligne Maginot. Ce sont vraiment des décors qui se prêtent bien au cinéma de guerre ou fantastique. Je repars sur un film fantastique. Pour moi, "Rothenberg" était un pilote. Mais ce sera totalement différent de "Rothenberg", plus dans l’esprit d’"Alien", avec l'isolement, l'angoisse et beaucoup de rebondissements. Ce devrait être la dernière fois que j’utiliserai la ligne Maginot… Je pense aussi réaliser un court-métrage en mars prochain, sur le thème du 21 décembre 2012…
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A propos de l'auteur : Adrien verif

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