Vous êtes dans :

Jardins de Lorraine, jardins d'Eden

Durant plus de 20 ans, l'opération "Visitez un jardin en Lorraine" invitait curieux et jardiniers amateurs à découvrir les trésors de verdure lorrains. Aujourd'hui, c'est l'association "Lorraine des jardins" qui a pris le relais. Les explications de sa présidente Marie-Caroline Duburch, qui gère aussi le Château de la Varenne, à Haironville (Meuse).
Mylorraine.fr : Trouve-t-on ce genre d'opération dans d'autres régions de France ?
Marie-Caroline Duburch : Oui, même si une campagne comme "Visitez un jardin en Lorraine" était quasi-unique. Il y avait une volonté très forte, au début des années 1990, de répertorier tous les jardins en Lorraine, et véritable volonté des pouvoirs publics de développer cette forme d'action touristique en région. C'est quasiment la seule région qui a maintenu une campagne fédératrice pendant plus de 20 ans. Ailleurs, on a plus souvent des volontés plus départementales que régionales. C'est le cas en Haute-Marne par exemple. Mais une volonté régionale est plus lourde à mettre en place. On éditait une très belle brochure, mais lourde, prenante, chère, difficile à diffuser. Il y avait un comité qui vérifiait que les jardins étaient "dignes" d'être dans la campagne, ce qui était un gage de qualité. Mais on a une région assez vaste. S'il faut visiter des jardins aux 4 coins de la région… C'était devenu très lourd. La rançon du succès… Je suis cette campagne depuis le début. On a commencé avec 10 jardins, et ça a grossi, grossi… En 2009, nos principaux partenaires, la DREAL et la Région, nous ont proposé que les informations figurent plutôt sur un site internet. Ils ont choisi d'arrêter la campagne "Visitez un jardin en Lorraine" sous son ancienne forme, mais continuent de nous aider financièrement.
M. L. : Pour être "visitable", à quels critères doit répondre un jardin ?
M.-C. D. : Aujourd'hui, 98% des jardins étaient déjà membres les années passées. On demande un certain nombre d'éléments d'informations sur le jardin, un petit dossier avec quelques photos, les horaires d'ouvertures, quelques critères de qualité. On leur demande d'adhérer à l'association pour figurer sur le site internet. Si nous avons un doute sur un jardin, quelqu'un de notre conseil d'administration ira voir sur place, rencontrer les propriétaires. Mais il y a moins de critères formels. Il faut que ce soit un jardin intéressant pour les visiteurs. Et si quelqu'un ouvre son jardin au public, c'est qu'en général, il l'est !
M. L. : Parmi ceux qui se visitent, on compte des jardins publics et des jardins privés…
M.-C. D. : Il y a 3 catégories de jardin : les jardins publics, qui appartiennent aux villes comme le jardin botanique de Metz, la Pépinière, le parc Sainte-Marie ou le jardin botanique D.-A. Godron à Nancy… Ensuite, les parcs patrimoniaux, c'est-à-dire les parcs privés qui entourent des monuments historiques ouverts au public comme Haroué, Fléville, Pange, Gerbéviller… soit une quinzaine, et enfin, vous avez des jardins privés, de taille variable, des grands comme Berchigranges ou des plus petits...
M. L. : Qui sont ces particuliers qui ouvrent leur jardin ?
M.-C. D. : Il y a de tout. Tous sont des amoureux des jardins. On ne peut pas avoir un esprit d'ouverture au public et entretenir son jardin sans avoir un intérêt pour le sujet. Quand on voit ce que ça représente comme travail… Et puis, il faut être présent pour expliquer son jardin, faire des documents pour les visiteurs. Il y a quelques professionnels comme Madame Chevry du jardin d'Adoué qui est pépiniériste, mais finalement très peu, des "jeunes retraités", essentiellement des femmes, mais aussi des gens plus jeunes. On a un certain nombre de monuments historiques comme les parcs de château qui sont ouverts au public, et les gens de 80 ans ne peuvent plus les gérer, ce sont plutôt des gens de 40-50 ans...
M. L. : Et quel intérêt trouvent-ils à ouvrir leur jardin ? Partager leur amour du jardin ?
M.-C. D. : Oui, la motivation n'est assurément pas financière. Les coûts d'entrée sont particulièrement faibles. Certains font payer un peu plus cher car leur jardin est vraiment exceptionnel. C'est leur plaisir de partager une passion. Et de faire connaître ce patrimoine très riche en Lorraine.
M. L. : Justement, d'où vient cette tradition du jardin en Lorraine ?
M.-C. D. : Aux XVIIIème et XIXème siècles, les pépiniéristes les plus en vues étaient lorrains. Ca a donné naissance à cette passion pour la création de fleurs, d'hybrides comme les géraniums, les pivoines… qui a conduit à cet engouement de l'Ecole de Nancy pour le végétal. Il y a un lien entre cette passion pour l'horticulture et l'Art Nouveau. Tout ça a ensuite disparu avec l'annexion de 1870. Et puis, il y a eu ce renouveau dans les années 90. Au château d'Haironville, le parc paysager a été dessiné au XIXème : on a des espèces d'arbres extraordinaires qui ont été plantées à cette époque. Le parc était devenu un espace vert sympathique mais qui n'était pas mis en valeur. Et c'est grâce à cette campagne "Visitez un jardin en Lorraine", qui a démarré en 1990 avec Marc Lechien, paysagiste chargé par la Direction de l'Environnement de répertorier les jardins en Lorraine, qu'on a redécouvert la beauté du parc, son dessin original. Ca s'est passé dans plein d'endroits en Lorraine. C'était resté en sommeil et ça a redémarré !

Découvrez les jardins de Lorraine qui se visitent à la belle saison, leurs horaires d'ouverture et les animations sur www.lorrainedesjardins.com

Pour plus de renseignements

Membre
A propos de l'auteur : Adrien verif

Rédiger votre description ici.

GoogleMap

Commentaires


Mylorraine vous présente l'agenda des sorties en Lorraine à travers ses différents lieux culturels : théâtres, opéras, musées, bars, discothèques, restaurants, hôtels, parcs.
Retrouvez toute l'actualité en Lorraine et les évènements en Lorraine : soirées, concerts, spectacles, expositions, évènements sportifs.


Valid XHTML 1.0 Transitional