Elise Fontenaille : "Ma vie précaire... un manifeste ! "
Elise Fontenaille, prix Erckmann-Chatrian 2011, pour "Les disparues de Vancouver", vient de sortir son nouveau roman, "Ma vie Précaire", aux éditions Calmann-Lévy. L'histoire d'une écrivain à la rue qui se perd au fil des pages pour mieux se retrouver. Interview !
Mylorraine.fr : D'où vous est venue l'idée d'écrire ce roman?
Elise Fontenaille : un étrange chagrin d'amour pour un commissaire de police...
Ml : Doit-on le lire comme un roman d'aventures?
EF : En quelques sortes - aventures ou mésaventures ? Ou Tribulations d'un être en fuite qui court partout et se heurte sans cesse à elle-même ? Pour au final se retrouver... Enfin, faut espérer !
Ml : La question de prendre pour forme, celle d'un journal intime, s'est-elle posée à vous?
EF : L'écriture s'appuie sur des photos de ma vie (précaire) en live, que j'ai publiées sur FB au fur et à mesure de Ma Vie Précaire - elles auraient dû paraître avec le livre, elles ont disparu, les mots sont restés.
Ml : Votre double littéraire, dans cette histoire, s'affranchit de tous biens matériels et même en début de roman, de ses livres, faut-il selon vous tout donner et tout quitter pour rouvrir sa fontanelle?
EF : Chacun fait fait ce qui lui plaît plaît... (cf la chanson), oui pour moi renaître et vivre... c'était une étape nécessaire, indispensable je crois, déjà pour quitter Paris - ville aimée et maudite - et y revenir, plus légère, heureuse d'y être, et cesser de râler (d'y vivre) !
Ml : Vous explorez, dans ce roman, le territoire du net, un vagabondage numérique dans lequel l'héroïne rencontre des inconnus qui deviendront "ses proches", des hommes plus jeunes qu'elle, la cougar dans la savane des grands fauves qui verra la lumière dans la beauté noire de Fela ? En voulez-vous à l'époque d'accréditer cette interprétation ?
EF : Non bien sûr ! Tout l'y pousse ! Oui Ma Vie Précaire a un faible pour les beaux hommes bruns qui ont 20 ans de moins qu'elle... Où est le mal ? (le mâle)
Ml : Ma vie précaire, le titre a t-il été modifié au cours du processus d'écriture ?
EF : Oui au départ cela devait s'appeler La Vie Précaire - et le type a glissé.
Ml : Un titre comme un slogan?
EF : Oui absolument ! Un slogan - un manifeste.
Ml : " Il y a une interrogation constante pour les femmes écrivains : est-il préférable d'avoir une vie heureuse ou un stock d'intrigues tragiques ", que pensez-vous de cette citation de la poétesse anglaise Wendy Cope ?
EF : Elle est juste - et injuste ! Oui bien sûr je préfère un stock d'intrigues tragiques ! Une vie heureuse m'ennuierait ! Mais à mon avis c'est valable aussi pour les hommes écrivains...
Ml : Vous travaillez actuellement sur votre prochain roman, La force noire, dans lequel vous racontez la vie du Général Mangin, votre arrière-grand-père, surnommé "le boucher de Verdun", un roman qui sortira pour le centenaire de la Grande Guerre, un roman à Goncourt...
EF : Euh...Goncourt je ne sais... je viens de quitter Grasset - ma maison mère - pour Calmann-Lévy, qui a moins de pouvoir en matière de prix littéraires - mais qu'importe le Goncourt... Oui j'écris actuellement ma Force Noire - qui me donne du fil noir à retordre, c'est vrai. En même temps cette matière - noire - est captivante... ce sera mon œuvre au noir ? qui sait... si un fou à la kalach' ne nous expédie pas ad patres d'ici 2013 ! Les temps sont incertains, comme vous savez...
A propos de l'auteur : MathieuB 



