Dans la cabane d'Odile
La batterie fait du bruit, le piano n'est pas donné, la guitare n'est pas toujours accordée... Bref, si vous aimez la musique, les percussions et que votre budget n'est pas mirobolant, vous pouvez toujours faire comme Odile Barlier-Tellitocci et vous confectionner une « cabane à ouïr »...
Odile a toujours été sensible aux sons. Quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent. Quand d'autres entendent du « bruit », Odile entend de la musique : « Pour moi, c'est comme des messages que des petits lutins cachés nous envoient ». Non, Odile n'est pas prise d'hallucinations, elle a juste un point de vue différent. « La beauté est dans l'œil de celui qui regarde » écrivait Oscar Wilde. Et, par extension, dans les oreilles de celui qui a assez de poésie pour percevoir la musicalité du quotidien. Dans la musique, Odile aime le rythme. « Nous sommes faits de pulsations », dit-elle. Si elle a toujours tapoté sur tout ce qui bouge, ce n'est qu'à la vingtaine passée qu'elle s'est mise aux percussions, en particulier aux congas, avec un penchant pour la salsa et les musiques afro-cubaines, « une musique très physique ». Mais Odile n'a de cesse de chercher d'autres façons de faire vivre la musique « comme elle l'entend »...
Depuis le free-jazz et la musique concrète, il n'est pas rare de voir les musiciens chercher à tirer des sons inédits de leurs instruments, quitte à les triturer, à utiliser des objets inattendus. En amoureuse de la nature, Odile s'est tout « naturellement » intéressée aux sons qu'on peut trouver au hasard d'une promenade en forêt : son du bois qu'on tape, des pierres qu'on foule, de l'eau qui ruisselle, de l'air qui circule... Il y a quelques années, l'association Scènes et Territoires lui avait demandé (ainsi qu'à son mari Jacques Tellitocci et leur ami Jérôme Hulin) de réaliser un « instrumentarium » sur la colline de Sion à partir d'éléments trouvés sur place, qu'ils soient issus de la nature environnante ou de l'activité humaine de ce coin de Lorraine. Le résultat est encore visible aujourd'hui sur la colline et s'intitule « les instruments sauvages », des instruments dont chaque passant peut jouer. Ca tombe bien, il paraît que cette colline a la faculté d'inspirer...
De ce cheminement est née la « cabane à ouïr » d'Odile. Une cabane à la façon de celles qu'on se confectionne dans la forêt quand on est enfant, mais dans laquelle Odile a réuni tous les objets avec lesquels elle joue. On y trouve donc des « pierres qui chantent », des « flûtes à eau », mais aussi des objets récupérés comme des pots de fleurs, des tiges de fer à béton, des tubes de PVC, du plastique d'emballage, des plaques de tôle, des pièces d'automobile... Cherchant à transformer le plomb en or telle un alchimiste, Odile est en ce moment à la recherche de vieux disques durs pour leur son bien spécifique...
Intarissable : quand Odile va à la piscine, ce n'est pas juste pour s'entretenir, mais encore pour faire de la musique ! La voici dans cette vidéo avec Géraldine Zongo, une amie qui lui a enseigné une pratique ancestrale d'Afrique équatoriale baptisée « Akutuk » et qu'on traduira par « percussions aquatiques »...
(Merci à la mairie de Villers-lès-Nancy pour les bonbons...)


