Coqalane et les "bestialus"
Mylorraine.fr avait déjà rencontré Coqalane, jeune artiste de 25 ans qui fait parler de lui depuis qu'il a pris son petit déjeuner devant un panneau publicitaire retapissé de l'Avenue de la Libération à Nancy ou encore assisté à l'intégralité de la diffusion des premiers pas de l'homme sur la Lune dans un salon 60's reconstitué sous l'abribus de la Porte Désilles. (vous pouvez voir notre reportage). Entre temps, il a également traité la question du métier de mannequin lors de la dernière Biennale de l'Image et organisé une manifestation de quelques milliers de peluches sur la place de la République à Metz. Jamais à court d'idée, il nous a convié au lancement de sa nouvelle opération baptisée "Bestialus". Rendez-vous pris au petit matin sur le parking d'un hôtel du Champ-le Bœuf, dans la banlieue nancéienne. Coqalane et son complice viennent de disposer une douzaine de chevreuils en aluminium aux bords des routes qui desservent la ville de Nancy : sur le contournement de Maxéville, vers Saint-Nicolas-de-Port, à Flavigny-sur-Moselle et à hauteur de Bouxières-aux-Dames.
Comme son nom le laisse supposer, Coqalane a un faible pour les animaux. "Parfois, j'ai l'impression qu'en nous voyant, les animaux se moquent de nous, qu'ils ont une intelligence qu'on n'a pas." Jean de La Fontaine ou Orwell (auteur de "La ferme des animaux") ne nous contrediront pas. Coqalane en parle avec un émerveillement qui n'est pas sans rappeler celui qu'on peut avoir pour ces bêtes sauvages qu'on croise furtivement à l'orée d'un bois, dans la lueur des phares. (Tant que ce n'est pas sur le capot…) C'est ce moment de rencontre furtif avec la nature, quand se mêlent surprise, peur, curiosité ou émerveillement que Coqalane a voulu transposer dans ses "bestialus". Les automobilistes s'attacheront à tenir leur route, mais si vos passagers ou vos enfants vous certifient avoir vu par la vitre une biche grise au bord de la chaussée, vous pouvez les croire...
"Street artiste" attaché à une démocratisation de l'art, Coqalane n'envisage pas autrement son art qu'à bas-coût et, surtout, dans la rue. Son inspiration et sa poésie, il les trouve dans le quotidien et ses objets, ceux auxquels on ne fait plus attention tant ils nous sont familiers. Dans sa cuisine, il a eu l'idée de recourir au rouleau de papier d'aluminium pour ses "bestialus" confectionnées durant l'été avec un papier recyclé et recyclable, sans aucune armature. Comptez 6 rouleaux par animal. Les chevreuils gris-métallisés sont toutefois placés sur des tiges en bois pour ne pas s'envoler tant ils sont légers. Coqalane avait déjà mené une action sur les bords d'autoroute avec ses "tags déchets", des inscriptions en relief réalisées avec des détritus ramassés sur le macadam.
En attendant son prochain happening qu'il a déjà échafaudé, Coqalane travaille dans son atelier, et s'installera bientôt comme… éclusier ! Lui qui n'est pas passé par les écoles d'art et a appris la technique sur le tas aura commencé en dessinant des crucifix avec deux bouts de scotch noir sur des panneaux de signalisation indiquant des travaux, l'ouvrier à la pelle devenant un… fossoyeur. Il se rappelle avoir pris du plaisir à faire son coup, comme un gamin farceur qu'il serait impossible de réprimander. Délicieusement subversif, cet admirateur de Magritte reste persuadé que les messages passent toujours mieux avec l'humour...
Coqalane sera à la Braderie de l'art de Metz, manifestation initiée il y a 20 ans à Roubaix dont une étape aura lieu à Montigny-lès-Metz les 13 et 14 octobre.
Pour plus de renseignements
- Maxéville, France
- www.certifiecoqalane.net



