Claude Gellée, dit « le Lorrain »
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Claude Gellée, dit « le Lorrain »
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AdrienChobaut

Claude Gellée, dit « le Lorrain »

Que vous l'appeliez « Claude Gellée », « le Lorrain » ou sobrement « Claude » (à la mode anglaise), vous parlez bien, dans tous les cas, d'un peintre très illustre du XVIIème siècle, né à Chamagne, dans les Vosges. L'artiste a marqué l'époque classique par son travail sur la lumière, transfigurant les paysages et leur apportant un souffle onirique.

Une chose est certaine, sa naissance dans une famille modeste du diocèse de Toul vers 1600 ne laissait présager en rien du succès qu'il connut par la suite en peinture. Et il s'agit de préciser « en peinture » puisque chose assez surprenante, le jeune Claude a d'abord été apprenti-pâtissier avant d'être apprenti-peintre. Orphelin à l'âge de 12 ans, il vit quelques années avec l'un de ses 4 frères qui est marqueteur en Allemagne, avant de partir en Italie pour suivre une troupe de pâtissiers qui se rendait à Rome. Là, il trouve du travail comme cuisinier auprès du peintre Agostino Tassi. Selon la rumeur, c'est durant cette période que le jeune valet aurait inventé la pâte feuilletée ! Outre des découvertes culinaires capitales, Claude Gellée effectue toutes sortes de tâches domestiques comme broyer les couleurs pour son maître. A force d'observation, il se met lui-même à peindre, impressionnant Tassi à un tel point que celui-ci décide de l'éduquer à l'art pictural. C'est la « success story » qui a fait d'un petit orphelin de Chamagne un maître de la peinture reconnu de son vivant et dont le rayonnement européen a laissé une empreinte sur de nombreux artistes français, hollandais ou britanniques, à l'image notamment du célèbre William Turner (1775 - 1851).

Le Lorrain ne s'installe pas en Lorraine

Après un séjour à Naples entre 1617 et 1621 où il se forme auprès du peintre allemand Goffredo Wals, Claude entreprend un long voyage à travers les paysages de Venise, de la Suisse et la Bavière. En 1625, il revient en Lorraine et séjourne à Nancy, où Claude Deruet (peintre baroque du XVIIème, originaire de Nancy) le charge de la décoration de l'église des Carmes (aujourd'hui détruite). Seulement, malgré le rayonnement artistique que connait Nancy à l'époque, le Lorrain ne s'y plaît pas et quitte définitivement sa terre d'origine pour regagner Rome, épicentre de l'activité artistique européenne de l'époque, où il finira sa vie.

La patte « Gellée »

Célibataire, l'artiste dédie son quotidien à son art et à ses amis peintres, italiens et flamands, dont il s'inspire. Vivant dans le très artistique et cosmopolite quartier situé entre la place d'Espagne et la place du Peuplier, il profite de l'effervescence culturelle de Rome, où les artistes affluent. Peu à peu, il forge son propre style et très vite, l'effet de la lumière s'impose à lui comme une préoccupation majeure. Pour mettre en scène cette lumière, le Lorrain peint essentiellement des paysages ou des scènes d'embarquements (un départ vers le lointain ?) dans des ports, ornés de bâtiments d'inspiration classique. Si certaines toiles évoquent des scènes historiques, bibliques ou mythologiques, ce ne sont pas les protagonistes qui sont au centre de l'attention du peintre mais bien la lumière et le paysage. Ce sont eux les personnages de ses tableaux. Après tout, l'homme est finalement bien peu de choses face à la beauté de la nature.

Entre onirisme et poésie, la mise en lumière de ses paysages fait toute sa « patte ». Son travail sur la luminosité, à la fois dense et diffuse, transfigure les formes sans pour autant les dissoudre, immergeant le spectateur dans l'atmosphère qui baigne les dernières heures du jour. C'est ce qui fait tout le talent du Lorrain et surtout ce qui le différencie de ses pairs. Peindre des paysages était chose commune à l'époque. Toutefois, le Lorrain utilise la lumière comme un élément de théâtralisation (grâce au clair-obscur) et d'unification du tableau, emportant l'œil au lointain, là où la lumière est la plus dense. Une véritable invitation à la contemplation qu'on retrouvera chez son « disciple » William Turner, qui inspirera à son tour les Impressionnistes.

Une gloire qui n'attendra pas la postérité

Dès 1629 et son premier tableau daté, la renommée de Claude grandit. Les commandes ne manquent pas et pour cause, à l'époque, Rome est le carrefour européen du commerce d'art. En 1633, il devient membre de l'Accademia di San Luca, qui regroupe des artistes établis à Rome. Dès lors il devient un peintre reconnu et les commandes affluent de tout le continent. Parmi les clients du « Seigneur Claude » on trouve le pape Urbain VIII, le roi Philippe IV d'Espagne et les grands noms de l'aristocratie romaine comme les Barberini, les Rospigliosi et autres Colonna pour ne citer qu'eux. L'artiste vendait beaucoup et cher, sans que le succès ne le fasse céder à la facilité pour autant.

Le patrimoine laissé

Lorsqu'il meurt le 23 novembre 1682, ses frères restés en Lorraine héritent de son patrimoine. Outre la quarantaine de toiles exposées à travers le monde (Munich, Los Angeles, New York, Paris, Londres, Tokyo...), Claude Gellée a laissé derrière lui plus de mille dessins ainsi que son « Liber veritatis » exposé au British Museum de Londres. Il s'agit d'un registre de première importance puisqu'il consigne les œuvres du peintre (représentées par des dessins en réduction) ainsi que leur date et leurs commanditaires.
Aujourd'hui, on peut visiter la maison d'enfance de Claude Gellée à Chamagne. Elle a été entièrement restaurée en 1982 à l'occasion du tricentenaire de sa mort et abrite un petit musée qui retrace sa vie. Un seul de ses tableaux (« Bataille près d'une forteresse ») est visible en Lorraine, au Musée des Beaux Arts de Nancy.

A noter qu'une statue du peintre réalisée par Rodin en 1892 orne le parc de la Pépinière. Enfin, sur un ton plus anecdotique, le philosophe allemand Nietzsche (qui n'était pas un grand amateur de peinture) aurait eu sa seule émotion picturale devant un tableau du Lorrain : il aurait même fondu en sanglots !

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