Cascadeur : le grand saut
C'est parce qu'il s'est mis en danger pour son projet musical que le messin Cascadeur a adopté ce curieux pseudonyme. Seul sur scène, interprétant ses propres morceaux après avoir longtemps accompagné ses amis de la région, sa prise de risque paye puisqu'il enregistre en ce moment son premier album pour le compte du label Mercury, division d'Universal Music.
L'aventure de Cascadeur démarre à la fin de l'année 2006, lorsqu'il se présente pour la première fois, seul sur la scène d'une salle de concert parisienne. Il interprète alors une flopée de morceau sur lesquels il travaille depuis quelques années, coiffé d'un casque et d'une combinaison. Volonté de ne pas s'exposer trop fortement aux feux de la rampe ou élément de spectacle ? Les deux, mon général. A une époque où les musiciens vivent essentiellement de la scène, Cascadeur accepte sa périlleuse mission, sans oublier que le spectacle implique un « décalage ».
Le choix de ce pseudonyme s'avère toutefois d'une logique implacable. Au cinéma, le cascadeur est une « doublure », il remplace un acteur le temps d'une pirouette et on ne connaît pas son visage. Notre Cascadeur du jour est donc une doublure... mais de celui qui l'incarne. Une façon pour le musicien de garder un recul avec la surexposition scénique (et médiatique). Mais ce n'est pas tout. Comme souvent les enfants, Cascadeur aimait se déguiser étant petit. L'enfance : une thématique centrale chez celui qui a commencé le piano à l'âge de 8 ans, insère les mots préenregistrés de la « Dictée Magique » dans ses chansons et a même ressorti son jouet baptisé « Cascadeur », un petit motard mécanique que les bambins des années 70 faisaient décoller sur un tremplin...
Tremplin justement : Cascadeur a pris son envol en remportant le tremplin (quand on vous dit qu'il y a une logique !) CQFD des Inrockuptibles en 2008, gagnant le droit de faire une apparition au festival organisé par le célèbre magazine. Depuis ce jour, tout s'est accéléré pour Cascadeur qui a gagné l'intérêt du milieu de la musique parisien, en particulier ceux du label Casablanca qui lui permettent aujourd'hui de réaliser son premier vrai album après 3 disques autoproduits et distribués de la main à la main. Depuis cette date, la presse s'intéresse sérieusement à son cas et le couvre d'éloges. On l'entend sur les ondes de radios nationales (France Inter, Europe 1) ou sur la scène de grands festivals comme les Francofolies de la Rochelle, un épisode qui fut l'occasion d'une belle histoire. Ayant découvert son univers par hasard, un professeur de musique de Cognac lui avait alors proposé de l'accompagner avec une chorale d'une trentaine d'enfants, un projet qui s'est concrétisé à cette occasion et dont ces images témoignent...
« Walker » aux Francofolies de la Rochelle
A ce jour, Cascadeur enregistre donc les morceaux qui figureront sur ce premier disque prévu pour février ou mars 2011. Pour les plus impatients, un maxi 5 titres est déjà disponible sur les plateformes de téléchargements légales. L'occasion de découvrir une musique d'une grande sensibilité, celle d'un Cascadeur qui aurait pris quelques coups et se serait retiré du métier ? Le compositeur s'est nourri de ses émotions, de ses failles, cherchant à toucher ce qu'il y a de fragile en chacun d'entre nous : notre part commune d'humanité.
« Meaning » aux Francofolies de la Rochelle



