Bla-bla avec « MMA »
En février 2009, Marie Marchand-Arvier empochait l'une des 3 médailles (d'argent) françaises aux Championnats du Monde de Ski Alpin de Val d'Isère. Si toute la France était derrière elle, la Lorraine n'était pas en reste puisque la skieuse des Contamines est née à Laxou, a fait ses premiers virages sur les pistes vosgiennes et y a gagné ses premiers trophées...
C'était en mai 1991, sur les pentes d'un glacier autrichien. Marie avait donc 6 ans. Accompagnée de ses parents, de ses deux frères aînés et des membres du SCAPA Nancy, Marie était un petit bolide casqué qui forçait déjà l'admiration. Et les observateurs s'accordaient pour dire que la petite avait un talent, un potentiel, un petit quelque chose d'inné que tout le monde n'a pas. Durant les années qui suivront, le nom de Marie Marchand-Arvier réapparaîtra chaque hiver dans les pages « sport régional » du journal, avec les qualificatifs qu'on réserve à ceux qui laissent leurs concurrents à plusieurs secondes derrière...
Et nous voilà 20 ans plus tard. Depuis quelques années, Marie Marchand-Arvier fait partie de l'élite mondiale du ski alpin. Signe particulier, contrairement à toutes ses consoeurs de l'équipe de France, « MMA » n'est pas née en Savoie, mais à... Laxou ! Son premier club fut le SCAPA Nancy et ses premières victoires, elle les a obtenues sur les pistes vosgiennes. Ce n'est qu'à l'adolescence que la championne a « émigré » dans les Alpes pour rejoindre les meilleures françaises. Mais après une saison en demi-teinte et des Championnats du Monde où la skieuse n'a pas fait mieux qu'une 15ème place en combiné, l'heure est au bilan...
MyLorraine.fr : Tu misais beaucoup sur les championnats du Monde de Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne. Mais les résultats n'ont pas été à la hauteur de tes espérances. Es-tu déçue ?
Marie Marchand-Arvier : Forcément. Les courses ont été difficiles, physiquement et mentalement. Tout le groupe « vitesse » de l'équipe de France a eu du mal de trouver le rythme (NDLR : le groupe réunit les filles qui courent dans les épreuves de vitesse, à savoir la Descente et le Super-G). Nous sommes 4 avec Ingrid Jacquemod, Marion Rolland et Aurélie Revillet à faire partie des 25 meilleures mondiales, mais on ne peut pas se satisfaire de finir entre la 15ème et la 20ème place. La saison finissant, il nous faut trouver un nouvel élan pour l'année prochaine.
Le ski est un sport individuel, mais tu parles pour le groupe...
M. M.-A. : Ca fait 4 ans qu'on s'entraîne ensemble, qu'on passe 300 jours par an ensemble en stage ou en compétition. On est devenues très proches, même si au départ d'une course, c'est chacun pour soi. Ca « apprend la vie », car quoi qu'on fasse, les rapports humains sont toujours importants...
Tu as obtenu 3 podiums en Coupe du Monde, une médaille d'argent aux Championnats du Monde de Val d'Isère en 2009. Qu'y avait-il de différent ces jours-là ?
M. M.-A. : Impossible à dire. Et si on le savait, on aurait fait en sorte de le reproduire. Que ce soit sur une saison ou une épreuve, il faut que tout soit réuni pour être au top, le physique, le mental, la technique... pour gagner des centièmes. Là, tout n'était pas à 100%. Je sais que j'ai perdu en puissance, que notre préparation physique n'a pas été optimale, le matériel a évolué et il a fallu s'adapter... Quand tout va vers le bas, on essaie de prendre du recul, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Je sais qu'une carrière est faite de hauts et de bas. Et dans le sport de haut-niveau, tout se joue sur des détails, comme lorsqu'on finit 10ème, mais à 4 dixièmes du vainqueur. En début de saison, je me sentais pourtant en forme, mais les premiers résultats m'ont fait douter. A partir de là, tout s'est enchaîné... Mais j'ai envie d'apprendre de cette saison.
Comment s'organisent les journées d'une skieuse de compétition ?
M. M.-A. : Tout dépend de la période de l'année. Le ski est comme un iceberg, on n'en voit que la partie émergée. La compétition se déroule de novembre à mars, mais on s'entraîne de mai à octobre avec un important travail de préparation physique. A la belle saison, on skie sur les glaciers ou en Amérique du Sud. On fait beaucoup de slalom géant, qui est la base du ski, pour progresser dans toutes les disciplines. On skie le matin, tandis que l'après-midi est consacré à la récupération. On court, on fait du vélo d'appartement, de la musculation pour « gainer » et travailler l'alignement du corps. Pour l'explosivité, j'ai pris l'habitude de faire des bonds dans des escaliers. Il nous arrive de faire aussi du volley avec les filles de l'équipe, c'est un sport qu'on aime bien, où il n'y a pas de risques de contact et de blessures.
Te souviens-tu de tes premiers virages à ski, de tes premières victoires à l'époque où tu étais licenciée au SCAPA Nancy ?
M. M.-A. : Il y a bien des photos, mais je n'ai pas souvenir de mes premiers virages, car j'ai commencé très tôt, avant 3 ans. Mes parents étant mordus de ski, ils nous ont communiqué cette passion très tôt. J'ai commencé la compétition vers 6 ou 7 ans. Je n'ai pas passé mes étoiles, mais je crois me souvenir avoir obtenu une flèche d'argent à 7 ans. Avec ma famille, on se rendait régulièrement aux Contamines où une école de ski acceptait les jeunes enfants. Dans les compétitions que je pouvais faire dans les Vosges, je surclassais les filles et battait même les garçons.
A l'âge de 14 ans, tu choisis de partir dans les Alpes. As-tu déjà l'objectif de devenir sportive de haut-niveau ?
M. M.-A. : Oui. Mais dans les Alpes, il m'a fallu me mettre à niveau. Je suis partie en ski-étude au Lycée du Fayet (à Saint-Gervais, près de Chamonix), une formation que mon grand-frère Emmanuel a également suivie. A cette époque, mes parents m'ont laissé faire ce que je voulais faire. Ils me disaient « prends du plaisir, travaille. Si ça sourit, c'est bien. Sinon, ce n'est pas grave, ce n'est que du sport... » Ils m'ont laissé cette chance et je suis consciente d'avoir des parents exceptionnels. Alors, ce n'était pas facile à l'adolescence de ne voir ses parents qu'une ou deux fois par mois... mais le ski est ma passion. Je prends toujours autant de plaisir en compétition, à relever des défis et gagner...
Dans les Vosges, tu as eu Bernadette Valroff comme entraîneur, je crois...
M. M.-A. : Déjà, c'était une femme, ce qui est rare dans ce milieu. C'était une personne forte et passionnée. Elle fait partie des entraîneurs qui ont compté. J'ai été très triste d'apprendre son décès l'an dernier.
Ton surnom est « MMA ». Cette enseigne d'assurances ne t'a pas contacté pour te sponsoriser ?
M. M.-A. : Ce serait drôle et ça ne me déplairait pas ! Mais ce n'est pas possible car l'équipe est déjà soutenue par un établissement bancaire qui propose aussi des assurances.
Saurais-tu me citer des noms de skieuses lorraines qui ont fait une carrière avant toi ?
M. M.-A. : Anne-Sophie... euh, non, Anne-Marie Leduc. Les sœurs Leduc ! Je ne les ai pas connues, mais j'ai souvenir d'avoir lu des choses sur elles dans les journaux. La Lorraine est fière de ses sportifs et les soutient.
Bravo ! De même, saurais-tu me donner des noms de pistes des stations vosgiennes ?
M. M.-A. : La « Vologne », la « Gaby Curien »... mais j'avoue que c'est un peu loin...
T'arrive-t-il de revenir en Lorraine ?
M. M.-A. : Assez peu finalement. J'y ai encore des amis, de la famille. J'y viens pour les mariages et les enterrements.
Et si on te dit « Lorraine », quelle est le premier mot qui te vient à l'esprit ?
M. M.-A. : Mes origines...
Le site officiel de Marie Marchand-Arvier : www.marie-ma.com
Le site de son Fan-club : www.fanclubmarie.marchandarvier.com
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En cadeau, revivez sa course lors du Super-G des Championnats du Monde de Val d'Isère (février 2009) ici !



