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Bertrand Laquait, l’ange gardien haut savoyard.

Il a gardé les cages de l'ASNL avec brio de 1998 à 2002. Puis a goûté à la première série belge et à la Liga espagnole, avant de rejoindre en 2009 l'Evian Thonon Football Club alors en Nationale. En août prochain, Bertrand Laquait va retrouver, avec le club haut savoyard, l'élite du football français...et par la même occasion le stade Marcel Picot. Retrouvailles !
En 1998, tu étais champion de D2 avec l'ASNL, treize ans plus tard, tu retrouves l'élite avec Evian Thonon,  l'émotion est comparable ?
C'est différent, ce n'est pas la même chose, quand on est plus proche de la fin que du début de sa carrière, c'est une autre perception, on sait que ça n'arrivera plus ! L'émotion est plus grande ici avec Evian, il ne faut pas oublier qu'il y a deux ans on était encore amateur!
La structure du club est jeune, elle a trois ans, la Nationale maintenant la Ligue 1, tout ça en deux ans, on peut parler de fulgurance. Franck Riboud le PDG de Danone, Zidane, Lizarazu et consorts au capital…on a l'impression que ce club était programmé pour la Ligue 1 ?
Le club a tout mis en œuvre certes, mais a affiché un budget de 11 millions d'euros cette année, fixé au sein de la DNCG (direction nationale de contrôle de gestion), c'était pas non plus le plus gros budget du championnat, les dirigeants avaient cependant peut-être anticipé avec des joueurs qui collaient humainement et sportivement au projet.
Une équipe qui cette année a su marier les générations ?
Oui ! Claudio (Caçapa) a été champion de France, Nicolas (Goussé) a beaucoup marqué en Ligue 1, Cedric (Barbosa) a lui aussi une grande expérience du très haut niveau tout comme Olivier (Sorlin). Ces joueurs ont apporté leur expérience aux plus jeunes de l'équipe, qui eux-mêmes ont été très volontaires et à l'écoute. Mais il y a aussi tout un encadrement en amont de la part des dirigeants pour prévenir la défaillance, notamment des hommes comme Pascal Dupraz, le directeur sportif qui en 25 années de présence dans le club, porte avec lui tout un bagage de valeurs.
On a eu l'impression que vous n'avez jamais ou très rarement été inquiété durant la saison...
Pendant le championnat, on ne l'a pas vu comme ça, les six premiers mois nous n’avons pas été gouvernés par le désir de monter. En début de saison, le but était de se maintenir en Ligue 2, d'assurer un bon maintien entre la 8e et la 12e place mais quand nous sommes arrivés au premier janvier et que nous nous sommes installés en tête du classement, on s'est dit « qu'est ce qu'on fait maintenant ?». C'est vraiment seulement après avoir rejoint durablement le trio de tête qu'on a fixé l'objectif d'aller chercher le titre.
Avec les départs à la retraite de Grégory Coupet et d'Ulrich Ramé, tu vas être le gardien le plus ...âgé de Ligue 1...
Ce sont les journalistes qui me rappellent mon âge (rires). C'est une fierté d'avoir 34 ans et d'arriver en Ligue 1, alors oui on regarde un peu plus derrière à cet âge mais en ce qui me concerne je vois aussi la récompense de treize années de travail. Et puis la question ne s’est pas posée dans l’encadrement du club, je viens de signer un nouveau contrat de trois ans.
Tu as été nominé parmi les trois meilleurs  gardiens de Ligue 2 cette année, ça fait toujours du bien...
C'est une reconnaissance professionnelle, c'est toujours plaisant, pour être tout à fait sincère c'est vrai que j'aurais aimé être élu meilleur gardien mais c'est loin d'être pour moi le plus important. Le vrai trophée, c'est l'aventure que l'on a vécue, l'engouement du public, de se rappeler qu'en Nationale on jouait devant 1000 personnes et que cette année il y avait 12000 spectateurs par match, qu'il fallait pousser les murs.
Bon, l'heure est à la détente et aux vacances, toutefois quand on est promu, n'a t-on pas peur du syndrome Arles-Avignon?
On sait qu'on va s'attaquer au Mont Blanc, mais on va beaucoup travailler et surtout tenter de conserver le même état d'esprit.
Que retiens-tu de tes six années en Belgique au Sporting de Charleroi...
Ce fut une très bonne expérience. Le public y est extraordinaire, le championnat n'est pas forcément facile, je suis content d'y être passé et d'avoir laisser une trace dans le championnat. Ensuite, j'ai voulu vivre autre chose, sportivement et aussi d’un point de vue familial, on n’a ressenti le besoin de bouger, le tour avait été fait.
...un championnat qui je le rappelle, t'a sacré meilleur gardien lors de la saison 2004-2005 et durant lequel tu as marqué l'histoire du foot belge en inscrivant un but en dégageant de ta surface, qu'as tu ressenti ?
Ce fut vraiment bizarre, on ne sait pas comment réagir, je n'ai pas eu sur l'instant d'émotions fortes, j'ai été aussi surpris que les 6000 spectateurs. J'ai dégagé loin et fort, il y avait de la pluie, du vent mais je ne pensais vraiment pas que l'issue de ce dégagement serait aussi heureuse. C'est vraiment le fruit du complet hasard.

...Charleroi t'as prêté une saison au club du Recreativo de Huelva et là tu as découvert la Ligaespagnole ?
Ce fut l'année au plus haut niveau dans ma carrière. Les championnats espagnol et anglais sont pour moi les deux meilleurs. J'ai été titulaire douze matchs en plus contre les grands clubs, Barcelone, le Réal et l'Athlético de Madrid, la Corogne, Séville. Tu joues au Nou Camp, à Bernabeu, tu réalises un rêve de gosse. J'ai même fait la Une de la presse sportive espagnole suite à un but que j'ai pris de la main que tout le stade avait vu sauf l'arbitre.
Ta carrière est riche de ses grands écarts, si tu ne devais retenir qu'un moment ?
C'est difficile, il y en a tellement dans une carrière, même les échecs rétroactivement on s'aperçoit qu'ils étaient forts en émotions. Ça dépend aussi de l'âge et de l'état d'esprit du moment, quand j’ai fait mon premier match pro avec l’ASNL, il y a évidemment ce que l'on vient de faire avec Evian Thonon, même le but en Belgique, il n’y a pas à proprement parler un grand moment mais plutôt une succession d’instants magiques qui peuvent faire du métier de footballeur, le plus beau du monde. Toutefois, cette année, on a quand même atteint des sommets d’émotion et puis à titre personnel ça faisait dix ans que j’attendais de monter en Ligue 1.
Tu t'es blessé cette saison, où en es-tu de ce pépin?
En effet, j’ai joué 34 matchs sur les 38 que compte la saison. Je me suis fait un claquage au quadriceps mais ça va beaucoup mieux.
As-tu suivi les récentes journées les plus longues de l'histoire de l'ASNL ?
Oui…je suis content qu’ils se soient maintenus, j’ai quand même passé dix ans de ma vie là-bas toutefois je dois avouer que je ne connais plus personne à part le président Rousselot…depuis mon départ les choses ont bien changé, quand je suis parti le stade était en travaux et n’avait qu’une tribune.
La Lorraine, Nancy…
C’est la ville d’origine de ma femme, j’y ai toute ma belle famille mais c’est surtout là-bas que je me suis construit en tant qu’homme et joueur, c’est mon début de carrière, mon premier contrat pro, mon adolescence et c’est toujours avec énormément de plaisir que j’y reviens.
Propos recueillis par Mathieu Bonis
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A propos de l'auteur : MathieuB verif
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