Anna C. et Barbiche : la drôle de guerre... des sexes
Anna C. en a assez de voir ses amies brandir leur progéniture sur Facebook comme des trophées et d'entendre les siens lui demander quand elle va enfin devenir "maman". Pour clouer le bec à ses détracteurs, avec son complice "Barbiche", ils ont décidé d'en faire une chanson…
Anna C & Barbiche | Vraiment Ca S'Rait Pas...
Mylorraine.fr : D'où venez-vous, Anna C. et Barbiche ?
Anna C. : Nous sommes tous deux nancéiens. Pour ma part, j'ai étudié le piano au conservatoire de Nancy. Nous nous sommes rencontrés en novembre 2008. J'avais commencé à composer dans mon coin et puis, j'en ai eu marre de jouer seule. Alors j'ai passé une annonce et c'est comme ça que j'ai rencontré Barbiche. Nous avons formé un trio avec un bassiste, le groupe s'appelait alors "Anna C. et les méchants garçons" et comme nous ne sommes plus que deux aujourd'hui…
M. L. : Vous formez un duo piano-batterie, une formation originale…
A. C. : J'avais déjà écrit quelques chansons, mais on ne savait pas forcément vers quoi on allait partir. Dans ce genre de situations, tout dépend des personnalités. On a mis du temps à trouver notre truc à nous, notre univers. Du coup, ça s'adapte aux chansons. Maintenant, c'est vraiment un mélange de nous deux.
Barbiche : Quand on monte un projet, c'est souvent aléatoire. Au départ, on a toujours une idée directrice, mais au final, ce n'est jamais celle à laquelle on arrive.
M. L. : Vous venez de réaliser le clip d'une de vos chansons. Peux-tu nous en dire plus sur cette vidéo ?
A. C. : On l'a tourné à la maison, à côté de Lunéville. Comme ça, pas de frais ! (rires) Il a été réalisé par un jeune réalisateur, Robin Verdusen. Il avait participé à un concours de courts-métrages "à la Tarantino" il y a quelques mois et on l'a découvert parce qu'il avait été sélectionné parmi toute une série de courts. Et pour les figurants, on a cherché autour de nous les gens qui voulaient bien participer…
M. L. : Anna, quelle part de vécu mets-tu dans tes chansons ? Je pense en particulier à "Vraiment, ce s'rait pas pratique"… C'est un point de vue que tu assumes ?
A. C. : Euh… j'ai envie de dire complètement même si ça va encore m'attirer des incompréhensions… Quand une fille arrive à un certain âge, il y a une pression sociale, familiale, amicale de la part de gens qui ne comprennent pas pourquoi certaines femmes ne veulent pas d'enfants. Plutôt que de me battre indéfiniment, j'en ai fait une chanson. Bien sûr, à prendre au deuxième degrés ! Je comprends tout à fait le désir d'enfant, mais les gens ont plus de mal à comprendre le "non-désir" d'enfants. Il y a une part de vérité, mais elle est exagérée.
M. L. : Tu as commencé à écrire des chansons à une époque où tu travaillais avec des enfants à Saint-Nicolas-de-Port. Cela t'a-t-il aidé à être créative ?
A. C. : Je pense que ça a déclenché l'envie d'écrire des chansons. Au départ, j'écrivais pour eux, je voulais écrire un spectacle pour mes élèves. Alors bien-sûr, ce n'était pas la même chose. Aujourd'hui, il y a moins ce côté enfantin, même si j'ai toujours un côté "ado attardée". Mais en écrivant pour tous les enfants que je pouvais avoir en cours, j'essayais de faire des chansons abordables, faciles à retenir, amusantes… Si bien qu'il y a toujours ce côté rigolo. J'ai plus envie de faire rire qu'autre chose.
B. : Ce n'est jamais calculé au départ. Tu n'écris pas forcément dans le but d'être drôle, ça vient comme ça.
M. L. : Et le fait de travailler avec des enfants, ça n'a pas suscité de désir d'en avoir ?
A. C. : Au contraire ! (rires) J'aime beaucoup les enfants, j'aime bien être en contact avec eux, ce que je partage avec eux, mais c'est très différent d'en avoir un à la maison, 24 heures sur 24 !
M. L. : Dans votre premier album éponyme sorti en 2010, il y a d'autres chansons comme "La déclaration glamour", des points de vue très féminins, francs, assumés… Féministe, Anna C. ?
A. C. : Oui, sans être trop dans le militantisme, je crois que je suis féministe. Mais je ne suis pas chienne de garde ! Je suis assez franche, je dis généralement ce que je pense. Je suis féministe dans le sens où je me mets d'égal à égal avec les mecs, je ne supporte pas quand les mecs se considèrent comme meilleurs. Dans "La déclaration glamour", j'avais envie de tourner en ridicule les simagrées qu'on fait pour plaire. Alors que finalement, est-ce qu'il y a vraiment besoin de tout ça… on ne sait pas trop. Disons que j'essaie d'être sincère, naturelle, spontanée, d'aller dans ce sens.
B. : Même si, sur scène, notre spectacle joue sur cette opposition "fille-garçon", où Anna représente une "pseudo-féministe" et Barbiche un "pseudo-macho", avec une petite guerre des sexes...
Vous pouvez suivre Anna C. et Barbiche…



