"La Marelle" monte au ciel
Depuis 11 ans, le Théâtre Dest organise chaque début d'été ce qui est peut-être le plus grand festival destiné au "jeune public", avec 20 compagnies lorraines et étrangères invitées et 12000 spectateurs. Rencontre avec Olivier Dupuis, directeur artistique de la compagnie et du festival…
Mylorraine.fr : Le festival "La Marelle" est organisé depuis son origine par le Théâtre Dest. Pouvez-vous déjà nous dire quelques mots sur la compagnie ?
Olivier Dupuis : Le Théâtre Dest est une compagnie qui a plus de 30 ans maintenant. Avec ce nom, les fondateurs voulaient jouer sur le côté "de l'Est" et "à destination de". La compagnie est née de la volonté de certains membres des "Tréteaux de l'Orne". Ils pratiquaient en amateur et ont eu envie de se professionnaliser. Les années ont passé, les équipes ont changé et la compagnie est arrivée à Maizières-lès-Metz en 1998. J'y suis arrivé pour un spectacle durant un an et 15 ans après, j'y suis encore. J'ai repris la direction artistique de la compagnie et du festival en 2008. L'année, on produit nos créations, on tourne dans toute la France avec nos spectacles, et on va voir d'autres spectacles pour monter la programmation du festival dont nous sommes les organisateurs.
M. L. : Comment en êtes-vous venus à organiser un festival intégralement dédié au spectacle "jeune public" ?
O. D. : Au départ, on avait plusieurs envies. Déjà, on est une compagnie de création de spectacles "jeune public". On avait envie de partager des choses avec notre "fil", mais pas que nos propositions artistiques. En en parlant avec le maire de Maizières-les-Metz, il a accepté qu'on tente l'aventure. En 2001, on a fait une première édition qui devait durer peut-être deux jours, avec 4 compagnies et 1000 spectateurs. Et là, depuis 2-3 ans, on est à 12 000 spectateurs, une vingtaine de compagnies, une centaine de représentations sur 5 jours. Donc, ça a un peu évolué… (sourire). Ce qui nous anime, c'est de faire un vrai festival, pas simplement une succession de spectacles en salle, mais qu'il y ait des temps où les gens puissent se rencontrer, discuter de ce qu'ils ont vu…
"L'idée, c'est aussi de semer des petites graines chez eux…"
M. L. : Pour un artiste ou une compagnie, quel intérêt, quel plaisir y a-t-il de se produire auprès d'un jeune public ?
O. D. : Le jeune public n'est pas qu'un public en devenir, c'est un vrai public et des adultes en devenir. L'idée, c'est à la fois de leur donner du plaisir, mais aussi semer des petites graines chez eux. Leur montrer à tous, et je pense que toutes les formes artistiques répondent à ça, qu'il y a d'autres chemins possibles. Que la vie n'est pas toute tracée, qu'elle n'est pas forcément comme on nous dit qu'elle est, comme on nous la montre à la télévision par exemple. Qu'il y a d'autres possibles, qu'on peut avoir d'autres idées, d'autres envies, qu'on peut les réaliser aussi…
M. L. : J'imagine que vous croyez plus que tout aux vertus de la culture pour former les jeunes générations ?
O. D. : Je pense que la culture participe à la liberté de pensée, à la réflexion. Plus vite on la fait partager, plus vite on grandit.
M. L. : Le festival se déroule début juillet. Etait-ce selon une demande de la ville ?
O. D. : Non, pas du tout. On s'était dit "quitte à faire un évènement, faisons-le l'été pour ceux qui n'ont pas la chance de partir en vacances". Et puis, progressivement, on en est arrivé à la faire au début de l'été, avant le 14 juillet et la "grande transhumance estivale". Du coup, on a un public qui est constitué pour moitié de particuliers et pour moitié des centres aérés de la région qui viennent à "la Marelle" pour passer la journée. On vient de Moselle, de Meurthe-et-Moselle et même Luxembourg, d'un rayon de plus de 50 kilomètres, à "la Marelle".
Pour plus de renseignements
- 03 87 51 87 63
- marelle@theatredest.org
- www.theatredest.org/festival.html



