"Florange, le dernier carré", un film de Tristan Thil
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AdrienChobaut

"Florange, le dernier carré", un film de Tristan Thil

De Gandrange en 2008 à Florange en 2012, le jeune réalisateur Tristan Thil a suivi les fermetures des derniers hauts-fourneaux lorrains avec sa caméra. Ce premier 52' tout juste "sorti du four" est à voir dans le cadre du "mois du documentaire lorrain" et en ouverture du festival "Le réel en vue". L’avant-première du 12 novembre à Thionville ayant fait salle comble, une nouvelle projection du documentaire “Florange, dernier carré” est organisée le 21 novembre à Fameck.

Florange, 28 mars 2012 : cela fait maintenant plusieurs semaines qu'un groupe d'ouvriers du site lorrain d'ArcelorMittal a entamé un bras de fer avec la direction après l'annonce de la prolongation de l'arrêt des hauts-fourneaux. Pour eux, c'est la mort annoncée du site. En pleine campagne présidentielle, ils s'invitent dans le débat, posant la question de la pérennité de leur site, mais aussi de la politique industrielle française et européenne. Ils multiplient les actions pour montrer leur détermination et être présents médiatiquement. C'est alors qu'une vingtaine d'entre eux décide d'entamer une marche de Florange à Paris qui va devenir un symbole de volonté et de résistance ouvrière…

Mylorraine.fr : D'où vous vient votre intérêt pour la question de la sidérurgie lorraine ? Avez-vous des liens affectifs avec le secteur ?
Tristan Thil : Non, pas du tout. J'habite Metz, je suis né ici, je ne suis pas du tout issu du milieu ouvrier. Mais ça fait des années que je m'y intéresse pour différentes raisons, que je tourne "autour du pot". Le fait que la Lorraine industrielle disparaisse, et avec elle un certain esprit, un esprit collectif, de lutte en particulier. Ce n'est pas juste une "boite" qui ferme, c'est une histoire. Les valeurs que défendent les ouvriers en lutte sont celles dans lesquelles je me retrouve.
M. L. : A partir de quel moment avez-vous décidé de suivre ce qu'il se passait à Florange ? Et jusqu'à quand ?
T. T. : A partir de l'annonce de la fermeture de Gandrange, en janvier 2008. Ce que j'avais filmé à cette époque, je m'en sers pour faire un flash-back dans le film car l'histoire de Gandrange revient souvent dans les mots des gens de Florange. Si bien que le film repart à Gandrange, 4 ans avant, et raconte par anticipation ce qui va suivre. On retrouve la même chose, la mobilisation politique sur une cause industrielle, des entretiens avec des salariés de Gandrange qui ressentent les mêmes choses que ceux de Florange, mais avec un peu plus de recul. Car quand on a fait les interviews, l'usine était déjà fermée. C'est plus "à froid", alors qu'à Florange, on n'était plus "à chaud". On a arrêté de tourner fin octobre. Certaines interviews de Florangeois ont été réalisées après l'annonce de la fermeture, le 1er octobre dernier.
M. L. : Quel angle avez-vous choisi pour raconter cette histoire ? Celui d'une caméra embarquée dans la lutte ?
T. T. : Il y a beaucoup de témoignages, ponctués de moments d'action très factuels où on voit l'évolution du conflit suivant les annonces, jusqu'à la fermeture. Sans pour autant être un journal, une chronologie. Le montage n'est pas pensé comme ça. Il y a, à la fois, des témoignages et de l'immersion sur le terrain, caméra à l'épaule. Entre les deux, il y a des images d'illustration qui viennent ponctuer, assez esthétiques. Je trouve qu'il y a quelque chose de graphique dans ces usines, de visuellement assez fort. On fait des allers-et-retours dans l'action, et les témoignages viennent apporter une profondeur, un recul par rapport à ce qu'il se passe. La dramaturgie se situe-là.
M. L. : S'agit-il d'un film engagé, militant ? Ou avez-vous juste cherché à présenter une situation vécue "de l'intérieur" ?
T. T. : Je ne défends rien, je raconte. Je ne suis pas militant non plus. J'ai peut-être un point de vue, une façon de voir... Mais je ne tronque pas la réalité, je ne cherche pas à amener à tout prix une idée. C'était assez fort comme ça, il n'y avait pas besoin d'en rajouter ! C'est quand même un film qui parle de quelque chose qui "meurt"… Il n'y a pas de suspens. Et c'est pour ça qu'assez tôt, je le laisse entendre en rappelant ce qu'il s'est passé à Gandrange. L'enjeu n'est pas là. Il s'agit de s'intéresser à autre chose. Un peu comme dans une tragédie grecque dont on connaît déjà la fin.
M. L. : Ce documentaire explique-t-il mieux ce qu'il s'est passé à Florange que ce qu'on en a vu dans les journaux télévisés ?
T. T. : Ce n'était pas le but. Le documentaire, c'est autre chose que la "news". Quand on fait un travail comme celui-là, il y a un échange avec les personnes rencontrées. Dans un traitement "info", on prend l'info et on la ramène. Ce n'est pas la même démarche, c'est une question de temps passé. Là, je n'étais pas obligé de tout dire en 2'30.
M. L. : Pouvez-vous nous dire quelques mots de Citizen Films, votre société de production ?
T. T. : C'est une société de production que nous avons montée avec quelques personnes dont Denis Robert. On tâche de faire ce qu'on estime être des "bons" films, des films "pérennes", des films "d'auteur", avec des points de vue affirmés, une certaine ligne éditoriale, une authenticité, un peu de poésie. Un peu dans la lignée de ce film sur Florange.


"Florange, le dernier carré", un film de Tristan Thil

  • Projection le 12 novembre 2012 à 20h
    Cinéma "la Scala", 23 place du marché – 57100 Thionville
    Dans le cadre du festival "Le réel en vue"
  • Projection le 21 novembre 2012 à 20h30
    Salle Victor Hugo, rue de touraine - 57290 Fameck

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